La première information vient d'Algérie, un pays proche, dont la population défile pour le changement et exprime son ras-le-bol d'être gouverné par un président malade, une sorte de mort-vivant de 82 ans. Et que propose le pouvoir en place ? Simple, c'est le chef de l'Etat-major algérien, Ahmed Gaïd Salah, un "jeune homme" de 79 ans, qui demande le départ du président. Et pour assurer la transition, jusqu'à de nouvelles élections, c'est un autre "jeune homme" de 77 ans, le président du Sénat qui est mis à contribution. C'est ce qu'un appelle un rajeunissement en Algérie ; un autre dirait que c'est se moquer du peuple.

Au niveau boursier, la logique n'est pas respectée non plus. Prenez le cas de la société Uber, ses actionnaires veulent introduire en Bourse ce fameux concurrent des taxis. C'est leur droit ! Mais que font-ils avant cette introduction en Bourse ? Ils achètent Careem, le Uber du Moyen-Orient, pour la coquette somme de 3 milliards de dollars ... Ce qui est fou dans cette histoire, c'est que la presse économique, dans son ensemble, ne parle pas des pertes de Careem, ni de son absence de rentabilité, non la seule chose qui intéresse la presse économique, c'est combien d'argent cette société a levé. C'est vrai que la société a levé 770 millions de dollars en 7 fois. Donc, aujourd'hui, la presse économique (on le voit aussi en Belgique et en France) se braque sur les levées de fonds des start-up, à croire que c'est l'unique signe de bonne santé. En revanche, pas un mot sur le chiffre d'affaires ou sur la rentabilité... Comme le soulignait Marc Fiorentino, un commentateur boursier parisien, on pourrait croire que chiffre d'affaires et rentabilité sont devenus des gros mots.

Je pourrai continuer ainsi avec la dernière déclaration de Mario Draghi, le président de la banque centrale européenne. En gros, il a annoncé qu'il ferait ce qui est en son pouvoir pour sauver les banques. Comme les banques souffrent des taux d'intérêt bas, elles ne subiront plus des taux d'intérêt négatifs lorsqu'elles ne prêtent pas leurs liquidités excédentaires à des entreprises. En d'autres termes, Mario Draghi donne l'impression que son institution fait passer l'intérêt des banques avant celui de l'économie ou des citoyens. C'est ce que Simone Wapler, une autre commentatrice, a appelé le voyage en "Absurdie".

Même au cinéma, cela ne tourne plus rond puisque la presse a eu la bonne idée d'épingler le fait que le héros du prochain James Bond roulera en Austin Martin totalement électrique... Décidément, tout fout le camp mon bon Monsieur !