Les pays "n'ont pas pris la mesure de ce risque", "nous donnons trop à notre armée (...) comparé à notre système de santé", sous-financé après des années d'austérité, explique-t-il dans un entretien à l'AFP.

La mondialisation a apporté prospérité à de nombreuses régions du monde mais en terme sanitaire, elle se traduit par la concentration de populations dans des villes tentaculaires, avec des bidonvilles insalubres et des marchés d'animaux, parfois sauvages, à proximité d'aéroports d'où se diffusent les virus à travers la planète, tandis que la résistance aux antibiotiques devient également un danger majeur.

"Nous n'avions pas eu depuis longtemps de pandémie de l'ampleur" de celle de la grippe espagnole en 1918 "qui a contaminé un tiers de la population mondiale et a tué environ 50 millions de personnes", observe ce Sud-africain, ancien conseiller de Nelson Mandela.

Récemment, les épidémies de fièvre hémorragique Ebola, de Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), de grippe aviaire "ont été contenues ce qui nous a rendus trop confiants", poursuit-il.

Et ce à l'heure où le monde s'est détourné des institutions multilatérales, comme le FMI, l'Otan, l'Onu, ou des instances de négociations sur le climat.

"C'est en particulier vrai des Etats-Unis, tandis que l'Europe était en pleine crise de l'euro et du Brexit et que personne ne fait confiance à la Chine pour mener le monde", relève M. Goldin.

D'où un "vide de leadership" alors que lors de la dernière crise financière de 2008, les Etats-Unis avaient appelé à un G20 au lendemain de la faillite de Lehman Brothers.

"C'est encore une fois les Etats-Unis qui président le G7 mais (le président Donald) Trump blâme le reste du monde et notamment la Chine". La prochaine réunion du G7 n'aura lieu qu'en juin, par vidéo-conférence.

Les pays devraient au contraire "coopérer, déjà pour trouver un vaccin, partager le matériel médical, rapatrier les gens", insiste M. Goldin, ancien vice-président de la Banque mondiale.

D'autant que la crise économique résultant de la pandémie actuelle sera, selon lui, "bien pire" que celle de 2008.

"On pourrait voir une cascade de chocs financiers", avec des faillites d'entreprises mais aussi de pays, affirme l'économiste sud-africain.

Il donne l'exemple de l'Italie qui allait déjà mal avant la pandémie et qui va avoir besoin de "soins intensifs".

"La gravité de ce qui va se passer dépend de notre" capacité à collaborer: "le monde est-il capable de mettre au point un plan d'action coordonné?".

Il estime que la réponse des autorités est pour l'instant insuffisante, malgré les centaines de milliards promis par les banques centrales et les gouvernements.

- Offre et demande brisées -

"Nous avions déjà des taux (d'intérêts) proches de zéro (...) le problème n'est pas la liquidité" et les politiques de relance risquent de ne pas fonctionner parce que "à la fois l'offre et la demande sont brisées".

L'urgence, préconise-t-il, est de donner un revenu de base à tous ceux qui ont "des revenus faibles ou pas de couverture médicale" et qui, s'ils sont infectés par la coronavirus, voudront continuer à travailler au risque de contaminer les autres.

Et il faut de même mettre les entreprises "qui n'ont plus de fournisseurs ou de clients sous perfusion" en différant ou annulant impôts et dépenses pour le temps de la crise et du confinement en place dans de nombreux pays, qui met l'économie à l'arrêt, notamment les compagnies aériennes, le secteur du tourisme, les salles de spectacles.

Sans garder indéfiniment en vie des entreprises qui étaient déjà moribondes, il faut pour l'heure "redonner confiance" et retenir les leçons de la précédente crise, estime-t-il.

Entre 2007 et 2009, banques centrales, institutions multilatérales et gouvernements "ont favorisé les banques" ou les entreprises automobiles, alors que des millions de travailleurs perdaient emploi, domicile et couverture sociale, rappelle Ian Goldin.

"On a vu une massive stagnation des salaires", une envolée de la population de sans-abris alors qu'une fraction "des 1% (les plus riches) ont gagné des montants extraordinaires et que personne n'a été en prison. Il n'y a eu aucune prise de responsabilité pour ce qui s'est passé".

Les pays "n'ont pas pris la mesure de ce risque", "nous donnons trop à notre armée (...) comparé à notre système de santé", sous-financé après des années d'austérité, explique-t-il dans un entretien à l'AFP.La mondialisation a apporté prospérité à de nombreuses régions du monde mais en terme sanitaire, elle se traduit par la concentration de populations dans des villes tentaculaires, avec des bidonvilles insalubres et des marchés d'animaux, parfois sauvages, à proximité d'aéroports d'où se diffusent les virus à travers la planète, tandis que la résistance aux antibiotiques devient également un danger majeur."Nous n'avions pas eu depuis longtemps de pandémie de l'ampleur" de celle de la grippe espagnole en 1918 "qui a contaminé un tiers de la population mondiale et a tué environ 50 millions de personnes", observe ce Sud-africain, ancien conseiller de Nelson Mandela.Récemment, les épidémies de fièvre hémorragique Ebola, de Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), de grippe aviaire "ont été contenues ce qui nous a rendus trop confiants", poursuit-il.Et ce à l'heure où le monde s'est détourné des institutions multilatérales, comme le FMI, l'Otan, l'Onu, ou des instances de négociations sur le climat."C'est en particulier vrai des Etats-Unis, tandis que l'Europe était en pleine crise de l'euro et du Brexit et que personne ne fait confiance à la Chine pour mener le monde", relève M. Goldin.D'où un "vide de leadership" alors que lors de la dernière crise financière de 2008, les Etats-Unis avaient appelé à un G20 au lendemain de la faillite de Lehman Brothers."C'est encore une fois les Etats-Unis qui président le G7 mais (le président Donald) Trump blâme le reste du monde et notamment la Chine". La prochaine réunion du G7 n'aura lieu qu'en juin, par vidéo-conférence.Les pays devraient au contraire "coopérer, déjà pour trouver un vaccin, partager le matériel médical, rapatrier les gens", insiste M. Goldin, ancien vice-président de la Banque mondiale.D'autant que la crise économique résultant de la pandémie actuelle sera, selon lui, "bien pire" que celle de 2008."On pourrait voir une cascade de chocs financiers", avec des faillites d'entreprises mais aussi de pays, affirme l'économiste sud-africain.Il donne l'exemple de l'Italie qui allait déjà mal avant la pandémie et qui va avoir besoin de "soins intensifs"."La gravité de ce qui va se passer dépend de notre" capacité à collaborer: "le monde est-il capable de mettre au point un plan d'action coordonné?".Il estime que la réponse des autorités est pour l'instant insuffisante, malgré les centaines de milliards promis par les banques centrales et les gouvernements.- Offre et demande brisées -"Nous avions déjà des taux (d'intérêts) proches de zéro (...) le problème n'est pas la liquidité" et les politiques de relance risquent de ne pas fonctionner parce que "à la fois l'offre et la demande sont brisées".L'urgence, préconise-t-il, est de donner un revenu de base à tous ceux qui ont "des revenus faibles ou pas de couverture médicale" et qui, s'ils sont infectés par la coronavirus, voudront continuer à travailler au risque de contaminer les autres.Et il faut de même mettre les entreprises "qui n'ont plus de fournisseurs ou de clients sous perfusion" en différant ou annulant impôts et dépenses pour le temps de la crise et du confinement en place dans de nombreux pays, qui met l'économie à l'arrêt, notamment les compagnies aériennes, le secteur du tourisme, les salles de spectacles.Sans garder indéfiniment en vie des entreprises qui étaient déjà moribondes, il faut pour l'heure "redonner confiance" et retenir les leçons de la précédente crise, estime-t-il.Entre 2007 et 2009, banques centrales, institutions multilatérales et gouvernements "ont favorisé les banques" ou les entreprises automobiles, alors que des millions de travailleurs perdaient emploi, domicile et couverture sociale, rappelle Ian Goldin."On a vu une massive stagnation des salaires", une envolée de la population de sans-abris alors qu'une fraction "des 1% (les plus riches) ont gagné des montants extraordinaires et que personne n'a été en prison. Il n'y a eu aucune prise de responsabilité pour ce qui s'est passé".