Avoir une économie semi-publique, ça peut aussi avoir des bons côtés. La Wallonie vient de le démontrer en amorçant la création d'une filière européenne de recyclage des plastiques. D'ici 2021, six nouvelles usines devraient traiter les films d'emballage, les bouteilles et raviers, les déchets électriques et électroniques ou les mousses flexibles. Cela représente un investissement de 120 millions d'euros (73 venant du privé et 47 du public), susceptible de créer 350 emplois directs.
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Avoir une économie semi-publique, ça peut aussi avoir des bons côtés. La Wallonie vient de le démontrer en amorçant la création d'une filière européenne de recyclage des plastiques. D'ici 2021, six nouvelles usines devraient traiter les films d'emballage, les bouteilles et raviers, les déchets électriques et électroniques ou les mousses flexibles. Cela représente un investissement de 120 millions d'euros (73 venant du privé et 47 du public), susceptible de créer 350 emplois directs. La problématique est connue : les Européens produisent 25 millions de tonnes de déchets plastiques chaque année et ils se reposaient largement sur la Chine pour s'en occuper. Mais la Chine refuse désormais d'importer ces déchets. Par ailleurs, une directive européenne impose de recycler 30% des emballages plastiques d'ici 2030. Il y a là, peut-être, un marché à développer. Le gouvernement wallon a donc décidé de foncer. " Nous avons en Belgique une culture du tri et de la collecte des déchets mais il manquait un chaînon en aval pour le traitement de ces plastiques, explique Olivier Bouchat, vice-président du comité de direction de la Société régionale d'investissement de Wallonie (SRIW). Nous avons saisi ce 'momentum' et nous avons pris une longueur d'avance sur les autres pays européens. " Les six projets retenus s'inscrivent en effet dans des niches très peu exploitées en Europe et ambitionnent clairement de traiter des flux provenant également d'autres pays. Ils auront, au départ, une capacité totale de traitement de 156.000 tonnes de déchets plastiques. La démarche qui a conduit à ces projets est, en elle-même, intéressante. Les autorités publiques ont pointé une opportunité et elles ont lancé un appel aux entreprises, en précisant que la Wallonie était prête à co-investir dans ces projets, via la SRIW. De quoi, sans doute, rassurer le monde économique. L'appel a été entendu puisque 25 projets, impliquant une quarantaine d'entreprises, ont été rentrés en à peine deux mois. " Nous redoutions que ces délais très courts soient un handicap, poursuit Olivier Bouchat. Il s'est avéré au contraire que les entreprises ont bien compris qu'il y avait une fenêtre d'opportunité et elles ont décidé d'accélérer des dossiers développés en interne. " Un jury, présidé par Yves Noël (président de NMC, producteur de mousses isolantes) a sélectionné six projets ambitieux. A la manoeuvre, on retrouve des grands noms comme Total, Suez, le groupe canadien Lavergne ou les Américains de Plastipak. De quoi, effectivement, espérer prendre le leadership européen en ce domaine et montrer que l'économie circulaire, celle qui transforme les déchets en ressources, n'est pas qu'un joli slogan. " Nous avons réuni les conditions pour faire émerger les initiatives entrepreneuriales, conclut Olivier Bouchat. Cette approche innovante pourrait se reproduire dans d'autres secteurs, par exemple les nouvelles formes d'alimentation (bio, etc.) et les nouveaux matériaux. "