La comparaison n'est pas très flatteuse. Staline est connu pour ses méfaits bien entendu, mais également pour son art de mettre en place une économie totalement fictive, sans même parler de statistiques truquées.

Toute la rhétorique de Staline a consisté à montrer son pays sous un meilleur jour qu'il ne l'était en réalité. C'est pourquoi il avait besoin de créer des héros fictifs, comme Alexis Stakhanov dont les exploits au travail sont tellement connus qu'ils ont donné lieu à l'expression 'stakhanoviste' pour désigner quelqu'un qui se tue au travail ! Comme le rappelle Le Monde diplomatique, toute cette histoire était fausse, ce n'était qu'une pure invention de la machine de propagande stalinienne.

A l'époque, tout le monde avait peur de Staline et de son régime répressif, par conséquent l'économie soviétique était un vaste mensonge. De l'ouvrier jusqu'au directeur d'usine, tout le monde mentait sur la qualité, la quantité, la fiabilité, le rendement, etc. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui en 2015, personne ne prendrait pour exemple un système économique basé sur la peur et les mensonges statistiques.

Chez nous, ce qui guide nos économies, ce sont en principe les règles de la science économique et non pas la peur d'un méchant Staline. Or, c'est là que la comparaison du Monde diplomatique devient intéressante et fait réfléchir. La situation de Volkswagen n'est pas comparable, direz-vous. Pourtant des témoignages recueillis par le journal Le Monde auprès des cadres du siège allemand de VW montrent que l'irrationalité managériale peut aussi exister dans d'autres pays que l'URSS.

Le dangereux point commun entre Volkswagen, la Commission et... Staline

En effet, selon ces témoignages, "on donnait dans ce groupe des instructions sur des objectifs et personne n'osait dire que ce n'était tout simplement pas possible, pas faisable techniquement". Un patron allemand affirme même que "les porteurs de mauvaises nouvelles sont guillotinés, même s'ils ne sont pas responsables". Autrement dit, cette habitude du déni de la réalité serait en partie à l'origine du dérapage que tout le monde connaît aujourd'hui.

La Commission européenne joue hélas également la carte du déni. En effet, elle supprime les problèmes qu'elle ne peut pas résoudre. Elle devait imposer en 2017 des tests de pollution sur la route, plutôt qu'en laboratoire. Le problème, c'est qu'aucun constructeur européen n'aurait réussi ces nouveaux tests. Donc, sous l'influence des lobbys européens, la Commission a décidé en plein mois d'octobre de relever le seuil d'émission des oxydes d'azote de 110%. Même un journal économique très libéral comme le Financial Times a rappelé que "ces polluants tuent - le nombre de décès imputés aux émissions de moteur diesel dépasse largement celui des tués sur la route." Selon le Financial Times, "on peut interpréter cette nouvelle réglementation technique de l'Union européenne comme la décision de tuer plusieurs milliers de personnes."

Voilà pourquoi certains n'hésitent pas à comparer Bruxelles et ses rouages technocratiques à Staline. C'est choquant et exagéré, mais cela a le mérite de faire réfléchir !

(1)Stakhanov chez Volkswagen, Le Monde diplomatique, Décembre 2015

La comparaison n'est pas très flatteuse. Staline est connu pour ses méfaits bien entendu, mais également pour son art de mettre en place une économie totalement fictive, sans même parler de statistiques truquées.Toute la rhétorique de Staline a consisté à montrer son pays sous un meilleur jour qu'il ne l'était en réalité. C'est pourquoi il avait besoin de créer des héros fictifs, comme Alexis Stakhanov dont les exploits au travail sont tellement connus qu'ils ont donné lieu à l'expression 'stakhanoviste' pour désigner quelqu'un qui se tue au travail ! Comme le rappelle Le Monde diplomatique, toute cette histoire était fausse, ce n'était qu'une pure invention de la machine de propagande stalinienne.A l'époque, tout le monde avait peur de Staline et de son régime répressif, par conséquent l'économie soviétique était un vaste mensonge. De l'ouvrier jusqu'au directeur d'usine, tout le monde mentait sur la qualité, la quantité, la fiabilité, le rendement, etc. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui en 2015, personne ne prendrait pour exemple un système économique basé sur la peur et les mensonges statistiques.Chez nous, ce qui guide nos économies, ce sont en principe les règles de la science économique et non pas la peur d'un méchant Staline. Or, c'est là que la comparaison du Monde diplomatique devient intéressante et fait réfléchir. La situation de Volkswagen n'est pas comparable, direz-vous. Pourtant des témoignages recueillis par le journal Le Monde auprès des cadres du siège allemand de VW montrent que l'irrationalité managériale peut aussi exister dans d'autres pays que l'URSS.En effet, selon ces témoignages, "on donnait dans ce groupe des instructions sur des objectifs et personne n'osait dire que ce n'était tout simplement pas possible, pas faisable techniquement". Un patron allemand affirme même que "les porteurs de mauvaises nouvelles sont guillotinés, même s'ils ne sont pas responsables". Autrement dit, cette habitude du déni de la réalité serait en partie à l'origine du dérapage que tout le monde connaît aujourd'hui.La Commission européenne joue hélas également la carte du déni. En effet, elle supprime les problèmes qu'elle ne peut pas résoudre. Elle devait imposer en 2017 des tests de pollution sur la route, plutôt qu'en laboratoire. Le problème, c'est qu'aucun constructeur européen n'aurait réussi ces nouveaux tests. Donc, sous l'influence des lobbys européens, la Commission a décidé en plein mois d'octobre de relever le seuil d'émission des oxydes d'azote de 110%. Même un journal économique très libéral comme le Financial Times a rappelé que "ces polluants tuent - le nombre de décès imputés aux émissions de moteur diesel dépasse largement celui des tués sur la route." Selon le Financial Times, "on peut interpréter cette nouvelle réglementation technique de l'Union européenne comme la décision de tuer plusieurs milliers de personnes."Voilà pourquoi certains n'hésitent pas à comparer Bruxelles et ses rouages technocratiques à Staline. C'est choquant et exagéré, mais cela a le mérite de faire réfléchir !(1)Stakhanov chez Volkswagen, Le Monde diplomatique, Décembre 2015