Premier pôle d'emploi du pays, avec quelque 700.000 postes de travail et de création de richesse (18 % du PIB belge), la Région de Bruxelles-Capitale n'en est pas moins confrontée à un taux de chômage important (18 %). Les raisons en sont connues, la moindre n'étant pas l'inadéquation entre les demandeurs d'emploi et l'offre proposée sur le marché. Les multiples institutions publiques régionales qui composent le paysage bruxellois en sont bien conscientes. La Région est en outre confrontée à un exode relativement significatif d'entreprises bruxelloises qui délaissent la capitale pour s'implanter en périphérie flamande ou wallonne où elles disposent souvent de l'espace nécessaire à assurer leur croissance. C'est dans ce cadre qu'il y a maintenant un peu plus de 10 ans, divers acteurs bruxellois ont décidé sous l'impulsion du gouvernement régional de l'époque de mettre sur pied le Conseil de coordination économique, plus connu sous son acronyme CCE.
...

Premier pôle d'emploi du pays, avec quelque 700.000 postes de travail et de création de richesse (18 % du PIB belge), la Région de Bruxelles-Capitale n'en est pas moins confrontée à un taux de chômage important (18 %). Les raisons en sont connues, la moindre n'étant pas l'inadéquation entre les demandeurs d'emploi et l'offre proposée sur le marché. Les multiples institutions publiques régionales qui composent le paysage bruxellois en sont bien conscientes. La Région est en outre confrontée à un exode relativement significatif d'entreprises bruxelloises qui délaissent la capitale pour s'implanter en périphérie flamande ou wallonne où elles disposent souvent de l'espace nécessaire à assurer leur croissance. C'est dans ce cadre qu'il y a maintenant un peu plus de 10 ans, divers acteurs bruxellois ont décidé sous l'impulsion du gouvernement régional de l'époque de mettre sur pied le Conseil de coordination économique, plus connu sous son acronyme CCE. Les diverses institutions liées peu ou prou à l'économie et à l'emploi ne manquent pas à Bruxelles. Les plus importantes d'entre elles, au nombre de 22, sont réunies au sein du CCE. Les partenaires de ce Conseil sont : Actiris, Atrium, BIE (Brussels Invest & Export), Bruxelles Environnement, Bruxelles Economie et Emploi, Bruxelles Formation, Bruxelles Mobilité, Bruxelles Propreté, citydev.brussels, le Conseil économique et social, la Direction régionale de l'Urbanisme, easy.brussels, finance.brussels, le Fonds bruxellois de Garantie, impulse.brussels, Innoviris, perspectives.brussels, le Port de Bruxelles, la Stib, la SAU (Société d'aménagement urbain), le VDAB Brussel et visit.brussels. Le CCE rassemble les dirigeants de ces institutions régionales publiques qui débattent des problèmes que rencontrent les entreprises pour s'implanter, se développer ou simplement rester à Bruxelles. En l'espace de 10 ans, le CCE a réglé de nombreux dossiers. Entre janvier 2005 et décembre 2015, 256 dossiers ont été traités dont près de 200 sont aujourd'hui clôturés. Parmi les dossiers les plus emblématiques qui ont été couronnés de succès, on peut notamment citer Mobistar, Marcolini ou Dandoy qui sont demeurés en Région bruxelloise alors que le risque que ces sociétés délocalisent leurs activités était réel. Quelques chiffres encore pour illustrer le travail effectué par le CCE : 79 % des entreprises qu'il a soutenues ont choisi de rester à Bruxelles et 69 % des entreprises qu'il a suivies ont choisi de s'implanter à Bruxelles comme récemment le magasin Swatch à proximité de la Grand-Place ou l'usine de production de cosmétiques Filorga à Anderlecht. Au total, ce sont quelque 20.000 emplois qui ont été créés ou conservés depuis 2005. Les entreprises que soutient le CCE appartiennent à quatre grands secteurs d'activité : l'industrie (16 %), les services (15 %), l'agroalimentaire (13 %) et les commerces (10 %). Dans la pratique, le CCE est présidé par le ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi. Impulse.brussels assure au quotidien son fonctionnement et son secrétariat. Un ministre assez heureux des résultats engrangés en 10 ans mais qui est bien conscient des problèmes que rencontrent encore aujourd'hui les entreprises. " Cette structure à la fois formelle et informelle réunit tous les deux mois les plus hauts responsables des institutions qui ont un lien direct ou indirect avec le développement économique, souligne Didier Gosuin. Le CCE est unique en Belgique mais il est vrai que la spécificité de la Région bruxelloise et la proximité de nos diverses institutions jouent en notre faveur. Notre objectif est de faire émerger des secteurs qui ont un impact économique en termes de création d'emplois. En outre, nous avons évité ces dernières années de nombreuses délocalisations. Maintenant, il y a un va-et-vient. Des entreprises partent, des entreprises arrivent. Nous sommes très attentifs à l'emploi qui reste un défi dans notre région. Car même si le chômage des jeunes est en baisse depuis 33 mois consécutifs, 24,9 %, cela reste insupportable. " Parmi les problématiques les plus fréquentes que doivent résoudre les entreprises à Bruxelles, le CCE a identifié la recherche de localisation (34 %), les questions liées à l'environnement (20 %), les questions liées à l'urbanisme (19 %) et les aides financières (12 %). Des problématiques qui recoupent le top 10 des besoins des entrepreneurs bruxellois constitué sur la base de témoignages recueillis auprès de ces derniers par impulse.brussels. Un top 10 où l'on retrouve notamment les questions d'obtention de permis d'urbanisme et d'environnement, l'accès au crédit ou encore le poids de la fiscalité locale. " Le rôle du CCE est d'amoindrir autant que possible les difficultés que peuvent rencontrer les entreprises, poursuit le ministre. Selon les cas de figure, un groupe de travail spécifique est dédicacé à la résolution du ou des problèmes. L'entreprise est souvent confrontée à plusieurs institutions mais elle trouvera avec le CCE un interlocuteur, notamment grâce à impulse.brussels, qui assurera le suivi du dossier et sa résolution. " Parmi les derniers projets menés à terme par le CCE, on peut citer l'implantation de CityDepot et la pérennisation de ses activités à Bruxelles. Née à Hasselt, CityDepot se définit comme " la spécialiste en distribution urbaine intelligente ". Son activité consiste à approvisionner les commerces des centres-villes avec des véhicules plus petits, moins polluants et plus flexibles. Elle rentre en plus parfaitement dans le cadre du Programme régional pour l'économie circulaire à Bruxelles d'autant que CityDepot a également développé des services de reverse logistics reprenant notamment les déchets des commerçants lors de la livraison des colis. Pour CityDepot, tout a commencé en 2014 quand elle a remporté le marché lancé par Bruxelles Mobilité dans le cadre du projet européen Interreg " Lamilo " (Last Mile Logistics). L'objectif étant le développement d'un centre de distribution urbaine localisé à proximité du centre-ville afin d'assurer l'approvisionnement des commerces du Pentagone. " L'implantation des activités de CityDepot à Bruxelles a été soutenue dès le début par le CCE car il s'agit d'un projet innovant permettant d'apporter une réponse concrète aux problèmes de congestion urbaine, mais aussi parce qu'il représente un potentiel d'emplois pour la Région bruxelloise ", souligne Didier Gosuin. En mai 2015, la SA CityDepot a été créée avec la participation de bpost à hauteur de 40 %. En juin, elle s'installe au Port de Bruxelles où elle dispose des infrastructures indispensables à son développement. Ce dossier a impliqué 10 institutions parmi les 22 qui composent le CCE. Au final, l'activité de CityDepot représente déjà sept emplois directs et 12 emplois indirects. Un nombre qui est logiquement appelé à croître dans les années qui viennent. Remplissant ainsi l'objectif premier que s'est fixé le CCE. Par Guy Van Den Noortgate.