Quelques heures après la validation, par les chefs d'Etat et de gouvernement européens, de l'accord sur le Brexit, le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna, a commenté ce texte sans excès de triomphalisme.
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Quelques heures après la validation, par les chefs d'Etat et de gouvernement européens, de l'accord sur le Brexit, le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna, a commenté ce texte sans excès de triomphalisme."Je suis content que nous ayons conclu un divorce par consentement mutuel. Cela montre combien sont forts les liens qui nous unissent encore au Royaume-Uni. C'est un accomplissement important pour les pays européens". Et pour le grand argentier luxembourgeois, ce texte est "le meilleur accord qui pouvait être obtenu.Mais il n'y a pas de raisons de se réjouir, ajoute Pierre Gramegna, qui souligne que le Brexit "est une mauvaise nouvelle pour l'Europe, et une très mauvaise nouvelle pour le Royaume-Uni". Pour Luxembourg, comme pour les autres pays européens, le Brexit une bonne nouvelle à court terme, admet Pierre Gramegna, mais une mauvaise à long terme.Nous devons garder de bonnes relations"A court terme, le divorce étant prononcé, le Royaume-Uni perd son accès automatique au marché unique européen des services, et plus spécialement des services financiers, rappelle-t-il. Et beaucoup d'acteurs britanniques, qui n'ont pas encore de présence physique sur le continent, devront trouver une solution et donc y ouvrir une filiale." Mais, ajoute Pierre Gramegna, "beaucoup de sociétés britanniques qui installent une filiale à Luxembourg me disent que, pour elles, ce n'est une opération si importante que cela. Ces sociétés auront une centaine de personne sur le continent, mais conserveront des milliers d'employés à Londres"."A court terme, cela peut être donc positif, mais à plus long terme, avec le départ du Royaume-Uni, l'Europe perd un grand des plus grands centres financiers mondiaux. Et il faut s'assurer que celui-ci ne dérive pas vers l'autre côté de l'océan", poursuit Pierre Gramegna, qui invite les Européens à "garder de bonnes relations et à continuer à travailler avec Londres le plus étroitement possible". Si le ministre des finances du Grand-Duché déplore le départ des Britanniques, c'est aussi en raison d'une approche commune sur les grands dossiers entre Londres et Luxembourg. "Certains pays européens veulent faire de l'Europe une forteresse, dit-il. Ce n'est pas le cas du Royaume-Uni, qui se veut un pays ouvert et libéral, comme le Luxembourg. Nous allons de ce point de vue perdre un partenaire important".