Une première phase est lancée par le gouvernement wallon, avec cet appel d'offres pour des stations de production et de distribution d'hydrogène à Charleroi et Liège.

Des bus à hydrogène relieront l'aéroport de Liège à la gare des Guillemins et circuleront sur la zone aéroportuaire. D'autres assureront une douzaine de lignes à Charleroi. Pour le TEC, qui en sera l'opérateur, ces lignes serviront de test pour éprouver la technologie. " Nous devons évaluer la fiabilité, le coût, la maintenance de ce nouveau type de matériel, explique Stéphane Thiery, directeur du marketing du TEC. Exactement comme nous l'avons fait auparavant pour les bus hybrides. " Une dizaine de ceux-ci avaient en effet été testés avant de lancer une commande de 300 véhicules.

Le moteur électrique des bus à hydrogène est alimenté par une pile à combustible, le combustible en question étant l'hydrogène, ce qui évite les longs temps de recharge des bus électriques classiques qui en réduisent la disponibilité. Pour remplacer une flotte de bus au diesel, il faut en effet compter 1,3 bus électrique pour un diesel afin de compenser les temps de recharge. Le bus à hydrogène, lui, fera le plein de carburant quasiment aussi vite qu'un diesel.

Cette technologie zéro émission est peu répandue. L'un des freins à son essor est la nécessité de construire une infrastructure de production et de distribution. On peut, par exemple, produire de l'hydrogène au départ d'électricité d'origine éolienne. Mais la mise sur pied de cette infrastructure implique un coup de pouce du secteur public. La Région wallonne met ainsi 8,7 millions d'euros sur la table en subventions et 8 millions d'euros en avances récupérables pour les deux stations prévues.

Parmi les soumissionnaires possibles, il y a l'entreprise CMI, de Liège, qui cherche à pénétrer ce nouveau marché. De son côté, la Flandre a été plus rapide : De Lijn expérimente des bus à hydrogène Van Hool depuis 2014. Mais la société n'a pas décidé d'élargir la flotte.

Le coût des véhicules, lui, peut dépasser les 700.000 euros (200.000 euros pour un bus diesel). La Région wallonne a donc sollicité des aides européennes prévues pour ce type de projet pilote.