Alors qu'aucune élection n'est prévue jusqu'à 2023, "la période qui s'ouvre va être celle des réformes économiques structurelles", a déclaré le puissant ministre des Finances Berat Albayrak, également gendre du président Recep Tayyip Erdogan.

Il y a urgence: l'économie traverse sa première récession en 10 ans, l'inflation annuelle, alimentée par l'érosion de la livre turque, a atteint un niveau record et le chômage a bondi à 13,5% en décembre, au plus haut depuis 2010.

En tête des mesures annoncées par M. Albayrak: consolider le secteur bancaire qui a été fragilisé par la baisse de la livre turque, la hausse des taux d'intérêt et le ralentissement de la croissance. M. Albayrak a indiqué que le capital des banques publiques serait renforcé à l'aide d'obligations d'État à hauteur de 28 milliards de livres turques (4,3 milliards d'euros) et que les banques privées seraient aidées "si nécessaire".

Alors que l'inflation annuelle est d'environ 20%, M. Albayrak a promis des réformes dans le secteur de l'agriculture pour combattre la hausse des prix de l'alimentation qui a durement frappé les Turcs au porte-monnaie.

En février, M. Erdogan avait, dans un acte quasi désespéré, demandé aux mairies d'Istanbul et d'Ankara d'ouvrir leurs propres étals de fruits et légumes vendus à prix cassés.

L'inflation, alimentée notamment par l'effondrement de la livre turque qui a perdu près de 30% de sa valeur l'an dernier, explique en grande partie le revers du parti au pouvoir aux élections municipales du 31 mars à Ankara et Istanbul, selon les résultats provisoires.

M. Albayrak a promis que la "discipline budgétaire" serait le maître-mot et a annoncé que le système des retraites, une usine à gaz, serait réformé.

Pour augmenter les recettes de l'État, il a indiqué qu'une réforme des impôts serait entreprise, avec une réduction de l'impôt indirect au profit de l'impôt direct guidée par le principe d'une contribution "plus juste" des revenus les plus élevés.

Le ministre turc des Finances a en outre affirmé que d'autres plans d'action seraient annoncés dans les mois à venir, évoquant un "master plan" pour le tourisme, où l'objectif est d'attirer 70 millions de visiteurs annuels d'ici 2023, contre 40 millions l'an dernier.