L'absence d'un gouvernement fédéral ne suscite actuellement pas de questions particulières des agences de notation de crédit ou des investisseurs, selon Luc Van Meensel, responsable du groupe finances publiques à la Banque Nationale. "Mais le précédent de 2011 montre que leur perception peut changer", ajoute-t-il.

En 2011, le spread, le différentiel de taux d'intérêt avec l'Allemagne, a commencé à augmenter lorsque les marchés financiers se sont inquiétés de l'absence de gouvernement après 500 jours.

"Ce n'est pas exclu que les marchés financiers deviennent nerveux s'il n'y a aucune perspective de formation d'un gouvernement fédéral à la fin de l'année. Le sentiment sur les marchés peut vite changer", explique M. Van Meensel. L'anxiété des marchés peut rendre le financement de la Belgique plus coûteux.

Jean Deboutte, directeur à l'Agence de la Dette, confirme aussi que les marchés ne sont pas au courant actuellement de ce qui se passe en Belgique. "Dans nos contacts, la situation politique n'est pas plus discutée qu'à l'accoutumée. Il y a des problèmes politiques dans beaucoup de pays. Mais, cela ne signifie pas que la Belgique puisse dormir sur ses deux oreilles. Les marchés sont imprévisibles et tout peut changer rapidement", explique Jean Deboutte.

MM. Van Meensel et Deboute s'exprimaient mardi lors d'un débat sur la dette de l'État organisé par l'Institut Belge des Finances Publiques.