Après un premier round de discussions début mars, celles-ci ont été suspendues pendant six semaines, alors que la date butoir de juin, fixée par Londres pour évaluer les chances d'un accord, se rapproche à grands pas.

Le nouveau coronavirus a chamboulé les discussions. Il a d'abord frappé le négociateur de l'Union, Michel Barnier - ce qui a obligé l'équipe européenne d'une centaine de personnes à observer une quarantaine - puis touché son homologue britannique David Frost. Sans oublier le Premier ministre britannique, Boris Johnson, aujourd'hui en convalescence, après une hospitalisation en soins intensifs.

Malgré une conjoncture percutée par la pandémie, le Royaume-Uni, divorcé de l'UE le 31 janvier, refuse toute prolongation de la période de transition au-delà de fin décembre, ce qui accroît le risque d'un échec pour trouver un cadre à la future relation.

Dans ce cas, les règles de l'OMC avec des droits de douane élevés et des barrières douanières s'appliqueraient entre le Vieux continent et l'ex-Etat membre.

La patronne du FMI, Kristalina Georgieva, a plaidé pour une extension, appelant à ne pas "ajouter" à "l'incertitude" créée par la crise sanitaire.

Bien que le pays soit sous la menace d'une récession historique, selon l'organisme public OBR, avec une possible chute du PIB de 13% en 2020, Londres est resté sourd à cet appel.

- "Double choc" -

Les contraintes "techniques" des négociations qui se déroulent par visioconférence et "les répercussions économiques potentielles" d'une absence d'accord "pèsent fortement en faveur d'une extension", d'autant plus qu'un échec conduirait vraisemblablement "au plus dur de tous les Brexit, c'est-à-dire à un +no deal+", souligne Fabian Zuleeg, du European Policy Centre.

"En même temps, jusqu'à présent, le Brexit n'a jamais correspondu avec le meilleur choix économique. Cela dépendra beaucoup du prix que Boris Johnson est prêt à payer pour ce qui est considéré au Royaume-Uni comme la souveraineté et l'indépendance" du pays, ajoute cet expert.

"Le Brexit à la Johnson, c'est déjà un Brexit dur pour secouer l'économie. Avec le corona, ça va être double choc pour les entreprises", s'inquiète une source européenne proche des discussions.

Le choc de la pandémie s'ajoute à un processus déjà difficile où les deux parties n'ont pu que constater leurs désaccords sur la relation future à l'issue du premier round de discussions.

A commencer par la forme que celle-ci prendrait puisque les Britanniques souhaitent plusieurs accords (relation commerciale, pêche...) alors que l'UE en veut un global, notamment pour peser sur la négociation en avançant sur tous les sujets en même temps.

Ainsi, dans l'esprit de Bruxelles, il n'y a aura pas de partenariat si le sujet explosif de la pêche, crucial pour plusieurs Etats membres (France, Danemark notamment), n'est pas réglé de façon "équilibrée".

Autre question litigieuse, celle des conditions de concurrence que l'UE veut "transparentes et équitables" pour empêcher qu'une économie dérégulée ne surgisse à sa porte. De telles conditions supposent le respect de normes communes dans le domaine social, du travail, environnemental, fiscal notamment, ce que refuse Londres au nom "du contrôle de ses propres lois".

Mais la pandémie peut-elle changer la donne ?

"On ne sait pas encore dans quelle direction vont aller les Européens et les Britanniques. Tous les paramètres ont changé et on ne sait pas encore où ils vont se fixer d'ici juin. Pas plus que le chemin vers un compromis éventuel que chacun sera prêt à faire", souligne Eric Maurice, de la Fondation Schuman.

La séquence qui s'ouvre lundi après-midi se prolongera toute la semaine. MM. Barnier et Frost devraient faire un point au début des pourparlers - avant que les équipes n'entrent dans le vif des sujets mardi - et à la fin vendredi, selon une source européenne.

Après un premier round de discussions début mars, celles-ci ont été suspendues pendant six semaines, alors que la date butoir de juin, fixée par Londres pour évaluer les chances d'un accord, se rapproche à grands pas.Le nouveau coronavirus a chamboulé les discussions. Il a d'abord frappé le négociateur de l'Union, Michel Barnier - ce qui a obligé l'équipe européenne d'une centaine de personnes à observer une quarantaine - puis touché son homologue britannique David Frost. Sans oublier le Premier ministre britannique, Boris Johnson, aujourd'hui en convalescence, après une hospitalisation en soins intensifs.Malgré une conjoncture percutée par la pandémie, le Royaume-Uni, divorcé de l'UE le 31 janvier, refuse toute prolongation de la période de transition au-delà de fin décembre, ce qui accroît le risque d'un échec pour trouver un cadre à la future relation.Dans ce cas, les règles de l'OMC avec des droits de douane élevés et des barrières douanières s'appliqueraient entre le Vieux continent et l'ex-Etat membre.La patronne du FMI, Kristalina Georgieva, a plaidé pour une extension, appelant à ne pas "ajouter" à "l'incertitude" créée par la crise sanitaire.Bien que le pays soit sous la menace d'une récession historique, selon l'organisme public OBR, avec une possible chute du PIB de 13% en 2020, Londres est resté sourd à cet appel.- "Double choc" -Les contraintes "techniques" des négociations qui se déroulent par visioconférence et "les répercussions économiques potentielles" d'une absence d'accord "pèsent fortement en faveur d'une extension", d'autant plus qu'un échec conduirait vraisemblablement "au plus dur de tous les Brexit, c'est-à-dire à un +no deal+", souligne Fabian Zuleeg, du European Policy Centre."En même temps, jusqu'à présent, le Brexit n'a jamais correspondu avec le meilleur choix économique. Cela dépendra beaucoup du prix que Boris Johnson est prêt à payer pour ce qui est considéré au Royaume-Uni comme la souveraineté et l'indépendance" du pays, ajoute cet expert."Le Brexit à la Johnson, c'est déjà un Brexit dur pour secouer l'économie. Avec le corona, ça va être double choc pour les entreprises", s'inquiète une source européenne proche des discussions.Le choc de la pandémie s'ajoute à un processus déjà difficile où les deux parties n'ont pu que constater leurs désaccords sur la relation future à l'issue du premier round de discussions.A commencer par la forme que celle-ci prendrait puisque les Britanniques souhaitent plusieurs accords (relation commerciale, pêche...) alors que l'UE en veut un global, notamment pour peser sur la négociation en avançant sur tous les sujets en même temps.Ainsi, dans l'esprit de Bruxelles, il n'y a aura pas de partenariat si le sujet explosif de la pêche, crucial pour plusieurs Etats membres (France, Danemark notamment), n'est pas réglé de façon "équilibrée".Autre question litigieuse, celle des conditions de concurrence que l'UE veut "transparentes et équitables" pour empêcher qu'une économie dérégulée ne surgisse à sa porte. De telles conditions supposent le respect de normes communes dans le domaine social, du travail, environnemental, fiscal notamment, ce que refuse Londres au nom "du contrôle de ses propres lois".Mais la pandémie peut-elle changer la donne ?"On ne sait pas encore dans quelle direction vont aller les Européens et les Britanniques. Tous les paramètres ont changé et on ne sait pas encore où ils vont se fixer d'ici juin. Pas plus que le chemin vers un compromis éventuel que chacun sera prêt à faire", souligne Eric Maurice, de la Fondation Schuman. La séquence qui s'ouvre lundi après-midi se prolongera toute la semaine. MM. Barnier et Frost devraient faire un point au début des pourparlers - avant que les équipes n'entrent dans le vif des sujets mardi - et à la fin vendredi, selon une source européenne.