"Pourquoi dit-on le '16' pour le cabinet du Premier ministre ? Parce que c'est le score auquel retombe son parti en fin de mandat." Cette petite devinette amuse beaucoup, nous dit-on, Bart De Wever, qui l'a fréquemment ressortie à ses hôtes pour se gausser des Verhofstadt, Dehaene en consorts. Sa part de vérité est évidente: les électeurs récompensent rarement les partis au pouvoir. Pourquoi ? Sans doute parce que nous votons plus pour des promesses ou des perspectives, que pour un bilan.

La participation gouvernementale place souvent les partis en léthargie. Ils se cantonnent dans un rôle de défense de l'action de leurs ministres et mettent leur programme en sourdine. Demandez donc aux militants d'Ecolo ou du PS ce qu'ils en pensent... L'opposition permet de se ressourcer, de réalimenter le vivier à idées.

Bart De Wever mesure le danger de cet écueil. S'il domine aujourd'hui le gouvernement fédéral, c'est parce que ses partenaires, et singulièrement le CD&V, ont résolument choisi de le "mouiller" dans l'exercice du pouvoir, afin, espéraient-ils, d'écorner son aura dans l'opinion publique. Ils auraient très bien pu reconduire le gouvernement Di Rupo, qui avait amélioré son score dans les deux communautés. Mais non, ils ont absolument voulu "mouiller" le président de la N-VA afin de l'affaiblir.

Bart De Wever est prêt à recevoir quelques gouttes, mais certainement pas à se retrouver trempé. Or, en une bonne année de pouvoir fédéral, le parti n'a pu rester à sec, loin de là. Quand on voit les hésitations fiscales du gouvernement Michel et l'aspect chancelant des perspectives budgétaires, on peut difficilement conclure que les ministres N-VA se débrouillent mieux que leurs prédécesseurs. Délicat de ressortir la "goed bestuur" en 2019. Il faut donc impérativement montrer que le parti a conservé une existence autonome, qu'il n'a pas perdu sa faculté de faire rêver la Flandre. Et plus on s'y prend tôt avant l'échéance électorale, plus le message sera crédible. D'où les banderilles régulières lancées depuis l'hôtel de ville d'Anvers.

Aujourd'hui, De Wever se place un cran plus loin en annonçant un ambitieux travail interne sur l'organisation du passage au confédéralisme, ultime étape avant l'indépendance voulue par la N-VA (et dont l'échéance a été fixée à 2025 par la ministre Lisbeth Homans). Il ne fait pas dans la demi-mesure: les présidents et vice-présidents du groupe N-VA, Hendrik Vuye et Veerle Wouters, à la Chambre démissionneront de leurs fonctions pour mener cette tâche. Hendrik Vuye possède une solide expérience de professeur de droit constitutionnel (à l'université de Namur) et ne devrait pas se contenter de jouer les utilités. Des premières propositions concrètes sont attendues d'ici 3 à 5 semaines. Le message est limpide : nous n'avons pas oublié nos engagements, nous les menons parallèlement à notre travail gouvernemental, car, oui, il y a une vie politique en dehors de l'action des ministres.

Cette posture n'amuse pas ses partenaires et complique sans doute encore la tâche de Charles Michel face à l'opinion francophone. Cette posture place surtout les trois autres partis de la coalition face à leur apathie: le MR, le CD&V et l'Open VLD seraient-ils capables, eux, de réfléchir au-delà du cadre strict de l'accord de gouvernement ? D'imaginer des propositions innovantes susceptibles de répondre à une société en pleine mutation ? D'oser explorer d'autres voies que le racrapotage identitaire de leur encombrant partenaire ?

"Pourquoi dit-on le '16' pour le cabinet du Premier ministre ? Parce que c'est le score auquel retombe son parti en fin de mandat." Cette petite devinette amuse beaucoup, nous dit-on, Bart De Wever, qui l'a fréquemment ressortie à ses hôtes pour se gausser des Verhofstadt, Dehaene en consorts. Sa part de vérité est évidente: les électeurs récompensent rarement les partis au pouvoir. Pourquoi ? Sans doute parce que nous votons plus pour des promesses ou des perspectives, que pour un bilan.La participation gouvernementale place souvent les partis en léthargie. Ils se cantonnent dans un rôle de défense de l'action de leurs ministres et mettent leur programme en sourdine. Demandez donc aux militants d'Ecolo ou du PS ce qu'ils en pensent... L'opposition permet de se ressourcer, de réalimenter le vivier à idées.Bart De Wever mesure le danger de cet écueil. S'il domine aujourd'hui le gouvernement fédéral, c'est parce que ses partenaires, et singulièrement le CD&V, ont résolument choisi de le "mouiller" dans l'exercice du pouvoir, afin, espéraient-ils, d'écorner son aura dans l'opinion publique. Ils auraient très bien pu reconduire le gouvernement Di Rupo, qui avait amélioré son score dans les deux communautés. Mais non, ils ont absolument voulu "mouiller" le président de la N-VA afin de l'affaiblir.Bart De Wever est prêt à recevoir quelques gouttes, mais certainement pas à se retrouver trempé. Or, en une bonne année de pouvoir fédéral, le parti n'a pu rester à sec, loin de là. Quand on voit les hésitations fiscales du gouvernement Michel et l'aspect chancelant des perspectives budgétaires, on peut difficilement conclure que les ministres N-VA se débrouillent mieux que leurs prédécesseurs. Délicat de ressortir la "goed bestuur" en 2019. Il faut donc impérativement montrer que le parti a conservé une existence autonome, qu'il n'a pas perdu sa faculté de faire rêver la Flandre. Et plus on s'y prend tôt avant l'échéance électorale, plus le message sera crédible. D'où les banderilles régulières lancées depuis l'hôtel de ville d'Anvers.Aujourd'hui, De Wever se place un cran plus loin en annonçant un ambitieux travail interne sur l'organisation du passage au confédéralisme, ultime étape avant l'indépendance voulue par la N-VA (et dont l'échéance a été fixée à 2025 par la ministre Lisbeth Homans). Il ne fait pas dans la demi-mesure: les présidents et vice-présidents du groupe N-VA, Hendrik Vuye et Veerle Wouters, à la Chambre démissionneront de leurs fonctions pour mener cette tâche. Hendrik Vuye possède une solide expérience de professeur de droit constitutionnel (à l'université de Namur) et ne devrait pas se contenter de jouer les utilités. Des premières propositions concrètes sont attendues d'ici 3 à 5 semaines. Le message est limpide : nous n'avons pas oublié nos engagements, nous les menons parallèlement à notre travail gouvernemental, car, oui, il y a une vie politique en dehors de l'action des ministres.Cette posture n'amuse pas ses partenaires et complique sans doute encore la tâche de Charles Michel face à l'opinion francophone. Cette posture place surtout les trois autres partis de la coalition face à leur apathie: le MR, le CD&V et l'Open VLD seraient-ils capables, eux, de réfléchir au-delà du cadre strict de l'accord de gouvernement ? D'imaginer des propositions innovantes susceptibles de répondre à une société en pleine mutation ? D'oser explorer d'autres voies que le racrapotage identitaire de leur encombrant partenaire ?