C'est un des paradoxes de notre pays. Alors que la plupart des membres de la zone euro ne parviennent pas à stimuler une hausse des prix, seul notre pays (avec la Lituanie) parvient à avoir une inflation qui répond plus ou moins aux objectifs de la Banque centrale européenne, à savoir une hausse annuelle de 2 % environ.
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C'est un des paradoxes de notre pays. Alors que la plupart des membres de la zone euro ne parviennent pas à stimuler une hausse des prix, seul notre pays (avec la Lituanie) parvient à avoir une inflation qui répond plus ou moins aux objectifs de la Banque centrale européenne, à savoir une hausse annuelle de 2 % environ. Eric Dor, directeur des Etudes économiques auprès de l'école de commerce IESEG, a compilé les données récentes en matière d'inflation sous-jacente (ce sont les évolutions des prix à la consommation mais qui ne reprennent pas les prix de l'énergie et ceux des produits alimentaires non transformés, jugés trop volatils). L'inflation sous-jacente atteint, dans notre pays, 2,27 %. C'est la médaille d'or dans la zone euro et c'est bien plus que nos voisins immédiats puisque les prix n'ont progressé que de 1,20 % en Allemagne et de 0,5 % en France. Qu'est-ce qui fait bouger les prix chez nous ? Selon le SPF économie, ce sont surtout les prix de l'enseignement, le vin, le tabac, les cafés et les restaurants, les télécommunications et les voitures neuves qui ont ces derniers temps emmené la hausse des prix. On y ajoutera le prix de certains services, dans la finance et l'énergie notamment. Nous vivons donc une situation paradoxale. En Belgique, la hausse des prix est normale, mais elle ne l'est pas ailleurs dans la zone euro. Du coup, la Banque centrale européenne maintient sa politique ultra accommodante, qui débouche sur des taux nuls voire négatifs, ce qui ne convient pas à la Belgique. L'épargnant belge est extrêmement pénalisé, car ses revenus réels diminuent : les revenus de son épargne ne compensent en effet pas la hausse des prix. Les entreprises sont aussi les grandes perdantes de cette situation, puisqu'elles sont confrontées à une hausse des prix, avec les indexations salariales qui sont liées, alors que leurs concurrentes françaises, néerlandaises ou allemandes ne le sont pas. D'où cet avertissement qu'avait lancé le gouverneur de la Banque nationale à la fin du mois de juillet : " Il faut quand même prendre garde à ce que cette inflation plus importante ne persiste pas." En effet.