"Les piliers (du projet de budget) resteront inchangés", a assuré M. Tria. Mais, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec le président de l'Eurogroupe, Mario Centeno, "nous continuons à discuter avec la Commission européenne".

Celle-ci a rejeté le projet présenté par le premier gouvernement populiste en place dans un pays fondateur de l'Union européenne, le jugeant trop optimiste dans ses prévisions de croissance et "hors des clous" en ce qui concerne le déficit public. Elle a donné à Rome jusqu'au 13 novembre pour revoir sa copie.

Le projet de budget italien pour l'an prochain prévoit officiellement un déficit à 2,4% par rapport au Produit intérieur brut (PIB), quand le gouvernement précédent s'était fixé un objectif de 0,8%. Ce serait un "suicide" de vouloir respecter ce plafond de déficit, a observé M. Tria pour qui un budget en expansion est indispensable à l'Italie, lanterne rouge des pays de la zone euro en terme de croissance économique.

De plus, a-t-il ajouté, compte tenu du ralentissement de l'activité, les raisons pour lesquelles nous avons fait ce budget en expansion "se sont renforcées". Le patron de l'Eurogroupe, le conseil des ministres des Finances de la zone euro, a pour sa part souhaité que l'Italie présente un projet "révisé" permettant de "dissiper les doutes" des marchés et des autres pays de la zone euro, inquiets du dérapage des comptes publics italiens.