Pour 2020, le budget allemand de la défense devrait atteindre 50,3 milliards d'euros, soit 1,42% du PIB, un chiffre qui rapprocherait l'Allemagne de ses engagements internationaux et de l'objectif de 2% interne à l'Alliance atlantique.

Il s'agit d'une augmentation du budget de plus de 6% par rapport aux prévisions annoncées au printemps dernier, quand le gouvernement allemand évoquait encore un budget défense pour 2020 de 47,32 milliards d'euros.

Ces dépenses militaires sont également plus importantes que prévu pour 2019 avec 47,9 milliards d'euros, soit 1,39% du PIB contre 1,36% attendu au printemps dernier.

L'Allemagne est régulièrement pointée du doigt, notamment par les Etats-Unis, qui l'accusent de ne pas dépenser suffisamment pour sa défense.

Le partage du fardeau des dépenses militaires est un sujet récurrent de polémiques entre Washington et les Européens et sera à nouveau sujet de discussions lors du sommet organisé à Londres les 3 et 4 décembre pour le 70e anniversaire de l'Alliance atlantique.

L'institution militaire traverse actuellement une période délicate après les critiques du président français Emmanuel Macron qui, début novembre, avait parlé d'une Alliance atlantique en état de "mort cérébrale".

M. Macron avait déploré le manque de coordination entre les Etats-Unis et l'Europe et le comportement unilatéral de la Turquie, membre de l'Alliance atlantique, en Syrie.

Sa sortie avait suscité de vives oppositions, notamment de la chancelière allemande Angela Merkel qui avait pris ses distances avec le Français, estimant que l'Alliance atlantique constituait "le pilier central de notre défense".

Le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas avait lui estimé que le monde avait "besoin de l'Otan", ajoutant que les "débats publics sur le partage du fardeau" risquaient de "provoquer l'incertitude au moment où la Russie met à l'épreuve" l'unité des Alliés, "encore et toujours".

La ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, a elle pointé dimanche dans Die Welt une différence entre l'Allemagne et la France: "l'objectif français est de renforcer la coopération européenne pour la substituer à l'Otan. Je préfère parler (...) de la capacité d'agir" de l'Otan.