2018 sondera les limites, et cela pourrait s'accompagner de comportements 'limites' tant désirables qu'indésirables.
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2018 sondera les limites, et cela pourrait s'accompagner de comportements 'limites' tant désirables qu'indésirables.2018 sera une année excellente si l'économie ne se heurte pas déjà à ses limites d'expansion.Mais 2018 sera une année destructive si le dictateur nord-coréen Kim Jong-un franchit une limite dangereuse en poursuivant le développement d'armes nucléaires capables d'atteindre les États-Unis. En 2018, l'économie européenne sondera les limites de la croissance. 2017 se termine tellement fort qu'il n'est plus question de reprise, mais bien d'expansion économique en Europe. 2018 sera probablement encore meilleure, avec des chiffres de croissance de 2% et plus. Le continent pourra ainsi finalement se rétablir des dommages occasionnés par la Grande Récession et la crise de la dette européenne. 2018 pourra se maintenir sur cette lancée, car il y a encore des réserves de travail non exploitées, du fait que les investissements des entreprises ne progressent que maintenant et que l'augmentation de la consommation crée une expansion qui s'auto-alimente. L'inflation, le puissant garde-fou de la croissance, va tout au plus un peu aboyer, mais il sera encore loin de mordre. Cela offre l'opportunité à la Banque Centrale européenne de ne démanteler que très lentement et prudemment la politique monétaire particulièrement expansive. Et la politique fiscale neutre en Europe ne mettra pas de bâtons dans les roues de la croissance. DelenL'économie belge va également repousser ses limites l'année prochaine. Nous avons déjà été entraînés dans la reprise européenne, mais la croissance belge est restée à la traîne afin de nettoyer les décombres du passé via une politique budgétaire plus stricte et via une politique de modération salariale qui a soutenu la compétitivité. Ce corset pourra se desserrer quelque peu en 2018, notamment parce que divers gouvernements dans ce pays n'ont plus envie de mesures difficiles à l'approche des élections communales de 2018 et des élections fédérales de 2019. Avec l'accord d'hiver complétant l'accord d'été, le gouvernement Michel a atteint sa limite.Le pilote automatique ne nous conduira pas à la frontière de l'équilibre budgétaire. Pourquoi n'y aurait-il pas des élections fédérales en 2018 ? Attendre jusqu'en 2019 est une perte de temps, et la Belgique n'a plus le luxe de se reposer sur les lauriers limités récoltés en gouvernant ces dernières années. Entre-temps, les entreprises belges se préoccupent surtout de la pénurie en progression sur le marché du travail. Les goulets d'étranglement en main-d'oeuvre et matières premières vont, certes encore en pointillés, délimiter un tant soit peu les contours de la croissance à partir de l'an prochain.Les marchés financiers vont sonder les limites de leur exubérance en 2018. Cela s'avérera un exercice plus risqué. La politique expansionniste déjà ancienne des banques centrales et la faiblesse constante des taux d'intérêt créent par-ci par-là des remous sur les marchés, notamment le bitcoin, la bulle la plus spectaculaire depuis des années mais inoffensive pour l'instant. Les investisseurs se font de moins en moins rémunérer pour les risques qu'ils prennent, ce qui se termine toujours en larmes. Les signaux d'une dangereuse surchauffe se multiplient, mais 2018 ne sera pas l'année du décompte. La musique continuera à jouer tant que l'économie tournera, que l'inflation sera absente et que le taux directeur restera bas.Une nouvelle crise systémique n'est pas à l'agenda, mais c'est également ce que nous pensions en 2007. Les banques centrales veillent toutefois. Si nécessaire, elles n'hésiteront pas à ouvrir les vannes d'argent frais pour protéger l'expansion économique.Les entreprises se heurteront aux limites de leur business modèle en 2018 et à leurs capacités d'adaptation. Le changement est un phénomène de tout temps, mais la numérisation, stimulée par de nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle, le blockchain et l'internet des objets, met un turbo sur la destruction créative, qui devrait se trouver au premier rang des priorités de tout comité de direction, tout conseil d'administration et tout conseil des ministres.L'agilité devient un must en 2018, mais la Belgique a la flexibilité d'une planche à repasser. La résistance au changement est un fléau qui joue de mauvais tours tant au niveau politique que dans la concertation sociale ou le monde des entreprises. Ne rien changer sera, en 2018, un comportement 'limite' et complètement inopportun.