Une page se tourne. Depuis près d'un demi- siècle, Zeebrugge et Hull, situé juste sous l'Ecosse, étaient chaque nuit reliés par un ferry-boat. Dès le 1er janvier, le Pride of Bruges et le Pride of York resteront définitivement à quai.
...

Une page se tourne. Depuis près d'un demi- siècle, Zeebrugge et Hull, situé juste sous l'Ecosse, étaient chaque nuit reliés par un ferry-boat. Dès le 1er janvier, le Pride of Bruges et le Pride of York resteront définitivement à quai. Après le confinement, l'un des deux bateaux avait repris du service mais ne transportait pratiquement plus personne, ce qui est logique car tout voyageur débarquant sur le sol britannique doit en effet observer une quarantaine de deux semaines. Une liaison fret quotidienne avec la Grande-Bretagne reste toutefois maintenue, de sorte qu'un certain emploi y subsiste. Mais il y a le tourisme... Celui de Bruges, tout d'abord : chaque matin en effet, le ferry débarquait sa cargaison de touristes d'un jour. Celui du Westhoek ensuite : un touriste sur quatre vient du nord de l'Angleterre et le plus souvent via le ferry au départ de Hull, commente Emmily Talpe, bourgmestre d'Ypres (Open Vld), qui reste confiante. "Nous sommes unis aux Britanniques par le tourisme du souvenir et ce lien est extrêmement fort", dit-elle. Manager de la Talbot House, à la fois musée et hôtel du souvenir dédié aux Britanniques, Simon Louagie se montre un peu moins optimiste. Durant la Grande Guerre, Poperinge était une ville de garnison par laquelle transitaient des milliers de soldats allant ou revenant du front. Comme toutes les villes de garnison, ce "petit Paris" avait ses cinémas, ses bars, ses bordels et son club-house, aujourd'hui Talbot House. Un des atouts du Westhoek, explique-t-il, était son accessibilité : "Les Britanniques peuvent certes emprunter un autre ferry mais ils se retrouveront à Rotterdam ou Calais, de sorte que dans tous les cas de figure, la durée du trajet s'en trouvera augmentée, ce qui se traduira pour nous par moins de visiteurs et moins de nuitées."