" La Chine saucissonne ses relations au sein des pays européens. Sa tactique est connue : Pékin, tout en entendant le discours des Européens réunis, continue d'entrer par les points faibles et les angles morts. " François Godement, conseiller pour l'Asie à l'Institut Montaigne, le groupe de réflexion libéral basé à Paris, résume ainsi face à une journaliste des Echos la politique engagée par le président chinois Xi Jinping.
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" La Chine saucissonne ses relations au sein des pays européens. Sa tactique est connue : Pékin, tout en entendant le discours des Européens réunis, continue d'entrer par les points faibles et les angles morts. " François Godement, conseiller pour l'Asie à l'Institut Montaigne, le groupe de réflexion libéral basé à Paris, résume ainsi face à une journaliste des Echos la politique engagée par le président chinois Xi Jinping. La Chine cherche à compenser les effets dévastateurs du ralentissement du commerce mondial sur sa croissance. " Elle essaie aussi de réduire, par des acquisitions, ce qui reste encore d'écarts technologiques avec les pays développés et cherche à conclure des alliances économiques avec les grands blocs économiques et particulièrement avec les pays européens ", explique Alicia Garcia-Herrero, du think tank Bruegel. C'est ainsi que Pékin a fait une offensive diplomatique en direction des pays de l'Europe de l'Est et des Balkans, réunis dans la plateforme " 16+1 ", et que le président chinois Xi Jinping s'est déplacé ces jours-ci à Rome et à Paris. Ces visites doivent permettre à la Chine de placer ses pions pour achever sa " route de la soie ", ce vaste projet d'infrastructures qui relie les ports et les sites industriels chinois aux grands centres logistiques d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Europe. L'Union européenne est divisée. Des pays comme le Portugal, la Grèce et certains pays de l'Europe de l'Est ont ouvert les bras à l'argent de Pékin. Ils viennent d'être rejoints par l'Italie. Rome a signé un protocole d'accord avec la Chine, portant sur des contrats d'investissements d'une valeur de 2,5 milliards d'euros dans, notamment, les ports de Gênes et de Trieste. Mais la visite de Xi Jinping à Paris a été plus difficile, la France voulant montrer qu'elle ne s'engage pas dans une stratégie qui ferait éclater l'Union européenne, suivie en cela par l'Allemagne. " Si certains pays croient pouvoir faire de bonnes affaires avec les Chinois, ils seront surpris quand ils s'apercevront qu'ils sont devenus dépendants ", a déclaré récemment le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas. Le président français Emmanuel Macron a invité mardi la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission Jean-Claude Juncker à se joindre à lui pour discuter avec le président chinois. Un geste exceptionnel, destiné à montrer une certaine unité de l'Europe face à la Chine, pays que la Commission européenne n'a pas hésité à qualifier récemment de " rival systémique " de l'Europe.