Rien ne prédestinait Georges-Louis Bouchez à arriver là. Et surtout à y arriver aussi vite. A 33 ans, le Montois a été élu à la présidence du MR avec 62% des suffrages. Il a construit sa notoriété par son bagout, son culot (il n'avait pas 30 ans quand il a défié Elio Di Rupo à Mons) et sa capacité à s'immiscer dans tous les débats. " Mon énergie et mes idées, c'est tout ce que j'ai, alors je les utilise, sourit ce fils de commerçants montois. Je ne comprends pas la recherche du confort en politique. On a besoin d'adrénaline, d'exaltation pour avancer. "
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Rien ne prédestinait Georges-Louis Bouchez à arriver là. Et surtout à y arriver aussi vite. A 33 ans, le Montois a été élu à la présidence du MR avec 62% des suffrages. Il a construit sa notoriété par son bagout, son culot (il n'avait pas 30 ans quand il a défié Elio Di Rupo à Mons) et sa capacité à s'immiscer dans tous les débats. " Mon énergie et mes idées, c'est tout ce que j'ai, alors je les utilise, sourit ce fils de commerçants montois. Je ne comprends pas la recherche du confort en politique. On a besoin d'adrénaline, d'exaltation pour avancer. " Cela lui a valu l'étiquette de " trublion ". Mais le MR avait sans doute besoin de ce genre de trublion capable de bousculer les habitudes et d'initier un nouvel élan. Les libéraux doivent en effet reconquérir un électorat plus jeune et urbain, le tempérament de Georges-Louis Bouchez peut les y aider. Il se fixe un cap ambitieux d'atteindre les 30%. " Je retrouve chez lui l'enthousiasme du jeune Guy Verhofstadt ", a déclaré à ce propos Jean-Luc Crucke, durant la campagne électorale interne. L'autre référence, c'est Nicolas Sarkozy, pour son côté hyperactif et hyper-réactif. Le nouveau président du MR peut en outre aider son parti à tourner enfin la page de la lutte entre les clans Reynders et Michel. Lui-même a navigué entre ces deux clans : engagé comme juriste au cabinet de Didier Reynders avant d'être intégré dans l'équipe présidentielle de Charles Michel. Sa jeunesse et son côté " sorti de nulle part " lui permettent, à ce stade, d'éviter les étiquettes trop fortement collées.Ses premières décisions présidentielles ont concerné le remplacement de Didier Reynders, qui a pris ses fonctions de commissaire européen. Le nouveau ministre des Affaires étrangères et de la Défense est Philippe Goffin, l'un des rivaux de Georges-Louis Bouchez dans l'élection présidentielle interne (il avait récolté 11% au premier tour du scrutin). Député très apprécié de ses collègues (il a présidé la commission de la Justice) et bourgmestre de Crisnée (Liège) depuis 2000, Philippe Goffin a lancé dans sa commune la première communauté énergétique de Wallonie. Cette faculté à bondir sur les idées neuves n'a manifestement pas échappé au nouveau président du MR. La seconde promotion concerne le ministre du Budget David Clarinval, qui devient vice-Premier ministre. On attendait plutôt l'expérimenté ministre des Pensions Daniel Bacquelaine à ce poste. Avec cette décision, Georges-Louis Bouchez a-t-il voulu apporter un autre signal du rajeunissement des cadres ou plus prosaïquement barrer la route à l'un des plus fidèles lieutenants de Didier Reynders ? Les avis sont partagés. David Clarinval, qui fut chef de groupe MR à la Chambre, est l'un des spécialistes du parti libéral pour tout ce qui concerne la politique énergétique (décidément !). Bourgmestre de Bièvre depuis 2001 (il fut un temps le plus jeune bourgmestre du pays), il est aussi le gérant d'une entreprise familiale de construction qui emploie une soixantaine de personnes.