Il existe bien, remarque Oliviez Guez, une classe européenne transnationale cultivée - de même que l'on pourrait ajouter qu'il existe peut-être une génération Erasmus - rompue aux échanges européens. Pour autant, l'homo europeanus n'existe pas faute d'imaginaire et d'identifiant communs capables de toucher une population plus large. Notre unique production commune - notre monnaie - reste totalement a-culturelle, déracinée, abstraite. Elle démontre parfaitement notre déficit d'incarnation alors que nous possédons un patrimoine immense. Pourquoi, se demande Olivier Guez, nos euros ne sont-ils pas illustrés par Goethe, Picasso ou Beethoven ? Sans socle commun, chaque pays reste centré sur lui-même, sur ses débats domestiques. L'Europe est un paradigme perdu. Perdu, car Guez souligne qu'auparavant, il exis...