"Il est temps de regarder notre passé colonial avec d'autres yeux ", souligne Koen Palinckx, un temps bourgmestre d'Ekeren et aujourd'hui président N-VA du district du même nom, en commentant l'apposition voici quelques jours d'une pla...

"Il est temps de regarder notre passé colonial avec d'autres yeux ", souligne Koen Palinckx, un temps bourgmestre d'Ekeren et aujourd'hui président N-VA du district du même nom, en commentant l'apposition voici quelques jours d'une plaque sur la statue du roi Léopold II érigée dans sa commune en 1873. Afin de pouvoir réaliser des profits avec le caoutchouc et l'ivoire, y lit-on " il n'a pas reculé devant la violence et l'exploitation ". Les historiens, poursuit le texte, " ont noté un recul considérable mais difficilement quantifiable de la population congolaise ". Même gravée dans le marbre, une inscription ne résout rien, analyse Idesbald Goddeeris, professeur d'histoire coloniale à la KU Leuven. Si le texte d'Ekeren lui paraît bon, d'autres en revanche ne sont que des cache-misère ou cherchent, par le vague de leur formulation, à noyer le poisson. Quoi qu'il en soit, toutes les statues sur pied du roi Léopold II situées en Flandre - sauf une - sont désormais pourvues d'une notice aux accents divers. En Wallonie ainsi qu'à Bruxelles, il n'existe jusqu'à présent, rien de pareil, un peu comme si notre passé colonial était lui aussi, linguistiquement clivé.