Sa promesse de démissionner si les députés votaient son plan n'a pas réussi à lui allier suffisamment de soutiens, preuve de sa perte totale de contrôle sur un processus qui a déchiré le parlement, sa majorité conservatrice et jusqu'à son gouvernement, incapables de s'entendre sur une vision commune de la future relation avec le bloc européen.

L'arrivée de cette conservatrice sans charisme, mais à la réputation de bûcheuse, comme cheffe du gouvernement en juillet 2016, au lendemain du référendum qui a décidé du Brexit, avait rassuré les Britanniques. Mais près de trois ans plus tard, et alors que le Royaume-Uni aurait dû initialement quitter l'UE ce vendredi, il reste dans le flou sur son avenir.

Une situation dont Mme May, 62 ans, est largement responsable, elle qui a sous-estimé les divisions au sein de son parti et la difficulté des négociations qui l'attendaient avec Bruxelles.

- "Peu de courage" -

"Elle est d'abord apparue comme une unificatrice mais elle a finalement fait preuve de peu de courage, d'imagination ou de talent dans sa gestion des négociations du Brexit", résumait mi-mars le magazine conservateur The Spectator.

Meg Russell, politologue à l'University College de Londres (UCL), lui reproche d'avoir choisi d'agir en chef de parti "plutôt que de tenter de construire un consensus national". Or diriger un gouvernement minoritaire "réclame plus de flexibilité, d'agilité, dont la capacité au compromis et au travail avec d'autres partis. Theresa n'a clairement aucun de ces talents", ajoute-t-elle dans un article publié sur le site de l'UCL.

La perte de sa majorité parlementaire au printemps 2017, après des élections anticipées qu'elle a elle-même convoquées, convaincue de les remporter haut la main, a en effet compliqué sa tâche. Elle a été contrainte de s'allier avec le petit parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, qui dicte ses exigences sur le Brexit et a affaibli son autorité.

Depuis, ballotée de crise en crise, elle a essuyé près d'une trentaine de démissions au sein de son gouvernement, deux motions de défiance dont l'une de son propre parti et trois rejets par les députés de son accord de divorce.

- "May le robot" -

"Maintenant qu'elle a dit qu'elle partait, elle doit le faire", a déclaré un membre de son gouvernement sous couvert de l'anonymat au quotidien The Guardian. "Personne ne le dit publiquement car elle suscite encore la sympathie, mais il n'y a aucune raison d'attendre quand le pouvoir s'évapore".

Ce serait une sortie par la petite porte pour cette femme discrète mais ambitieuse, qui dès l'adolescence rêvait de faire de la politique et de devenir la première femme chef de gouvernement du Royaume-Uni.

Si Margaret Thatcher lui a soufflé ce titre, elle réussit à devenir la première femme secrétaire générale du Parti conservateur de 2002 à 2003. A ce poste, elle s'illustre lors d'un discours en appelant les Tories, alors marqués très à droite, à se débarrasser de leur image de "nasty party" ("parti des méchants").

Après avoir soutenu David Cameron dans sa conquête du parti en 2005, elle hérite du portefeuille de l'Intérieur lorsqu'il arrive à Downing Street en 2010. Elle reste six ans à ce poste exposé, dans lequel elle s'illustre par sa gestion ferme de l'immigration

Fille de pasteur, décrite comme chaleureuse par ses proches, elle souffre d'une image de froideur et ses interventions publiques souvent répétitives et sans passion lui valent d'être surnommée "Maybot" : "May le robot".

Seule touche apparente de fantaisie: des colliers fantaisie et des escarpins à motif léopard. Façon d'afficher que sous ses dehors lisses, elle sait "prendre des risques", selon son ancienne conseillère en relations publiques Katie Perrior.

Sa promesse de démissionner si les députés votaient son plan n'a pas réussi à lui allier suffisamment de soutiens, preuve de sa perte totale de contrôle sur un processus qui a déchiré le parlement, sa majorité conservatrice et jusqu'à son gouvernement, incapables de s'entendre sur une vision commune de la future relation avec le bloc européen.L'arrivée de cette conservatrice sans charisme, mais à la réputation de bûcheuse, comme cheffe du gouvernement en juillet 2016, au lendemain du référendum qui a décidé du Brexit, avait rassuré les Britanniques. Mais près de trois ans plus tard, et alors que le Royaume-Uni aurait dû initialement quitter l'UE ce vendredi, il reste dans le flou sur son avenir.Une situation dont Mme May, 62 ans, est largement responsable, elle qui a sous-estimé les divisions au sein de son parti et la difficulté des négociations qui l'attendaient avec Bruxelles.- "Peu de courage" -"Elle est d'abord apparue comme une unificatrice mais elle a finalement fait preuve de peu de courage, d'imagination ou de talent dans sa gestion des négociations du Brexit", résumait mi-mars le magazine conservateur The Spectator.Meg Russell, politologue à l'University College de Londres (UCL), lui reproche d'avoir choisi d'agir en chef de parti "plutôt que de tenter de construire un consensus national". Or diriger un gouvernement minoritaire "réclame plus de flexibilité, d'agilité, dont la capacité au compromis et au travail avec d'autres partis. Theresa n'a clairement aucun de ces talents", ajoute-t-elle dans un article publié sur le site de l'UCL.La perte de sa majorité parlementaire au printemps 2017, après des élections anticipées qu'elle a elle-même convoquées, convaincue de les remporter haut la main, a en effet compliqué sa tâche. Elle a été contrainte de s'allier avec le petit parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, qui dicte ses exigences sur le Brexit et a affaibli son autorité.Depuis, ballotée de crise en crise, elle a essuyé près d'une trentaine de démissions au sein de son gouvernement, deux motions de défiance dont l'une de son propre parti et trois rejets par les députés de son accord de divorce.- "May le robot" -"Maintenant qu'elle a dit qu'elle partait, elle doit le faire", a déclaré un membre de son gouvernement sous couvert de l'anonymat au quotidien The Guardian. "Personne ne le dit publiquement car elle suscite encore la sympathie, mais il n'y a aucune raison d'attendre quand le pouvoir s'évapore".Ce serait une sortie par la petite porte pour cette femme discrète mais ambitieuse, qui dès l'adolescence rêvait de faire de la politique et de devenir la première femme chef de gouvernement du Royaume-Uni.Si Margaret Thatcher lui a soufflé ce titre, elle réussit à devenir la première femme secrétaire générale du Parti conservateur de 2002 à 2003. A ce poste, elle s'illustre lors d'un discours en appelant les Tories, alors marqués très à droite, à se débarrasser de leur image de "nasty party" ("parti des méchants").Après avoir soutenu David Cameron dans sa conquête du parti en 2005, elle hérite du portefeuille de l'Intérieur lorsqu'il arrive à Downing Street en 2010. Elle reste six ans à ce poste exposé, dans lequel elle s'illustre par sa gestion ferme de l'immigrationFille de pasteur, décrite comme chaleureuse par ses proches, elle souffre d'une image de froideur et ses interventions publiques souvent répétitives et sans passion lui valent d'être surnommée "Maybot" : "May le robot".Seule touche apparente de fantaisie: des colliers fantaisie et des escarpins à motif léopard. Façon d'afficher que sous ses dehors lisses, elle sait "prendre des risques", selon son ancienne conseillère en relations publiques Katie Perrior.