Dans une carte blanche publiée dans Le Soir de ce mardi, Geoffrey Pleyers, un chercheur FNRS en sciences sociale de l'UC Louvain et vice-président de l'association internationale de sociologie, s'interroge sur un point douloureux. Pourquoi, en dehors de l'Espagne, la Belgique est-elle le pays qui compte le plus de décès par habitant du covid-19: 337 par millions d'habitants, contre seulement 36 en Allemagne ? Même l'Italie (329), qui fait pourtant la "une" des médias internationaux, est en dessous de nous.

François Levêque, professeur d'économie à l'Ecole des Mines, à Paris (voir son interview dans Trends tendances du 25 octobre 2018 sur "les habits neuf de la concurrence"), a sorti ce matin un article dans lequel il se demande si le covid-19 n'a pas sonné le glas de ce qu'il appelle "l'économie de l'encombrement" (1).

Alors que l'épidémie se répand aux États-Unis, où elle a déjà fait un millier de morts, les autorités américaines se préparent à mettre en place un plan de sauvetage doublement historique : historique par son montant d'abord, 2.000 milliards de dollars. Historique par sa nature aussi : c'est la première fois qu'un pays pratique vraiment la "monnaie hélicoptère", en distribuant de l'argent à une bonne partie de ses citoyens pour faire redémarrer l'économie.

La construction imparfaite de la zone euro - qui n'a pas harmonisé son marché du travail, sa fiscalité, son système bancaire (il manque encore un fonds de garantie des dépôts au niveau européen) et qui n'a pas de vrai système de transferts pour aider un pays en difficulté - la rend fragile aux grands chocs extérieurs.

La crise sanitaire que nous vivons suscite énormément d'interrogations. Nous allons tenter d'y répondre, une par une, tous les jours. Hier nous nous sommes penchés sur les mesures prises par la BCE. Aujourd'hui, nous allons voir qui va régler la facture...