Mauro Ferrari, le scientifique italo-américain qui était depuis le mois de janvier à la tête du Conseil européen de la recherche (CER), l'agence européenne de la recherche dotée d'un budget annuel de 2 milliards d'euros, a remis sa démission, annonce le Financial Times ce matin. Cet expert en nanotechnologie médicale a posé ce geste après avoir échoué à monter un programme de recherche commun à l'Union européenne pour lutter contre le coronavirus.
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Mauro Ferrari, le scientifique italo-américain qui était depuis le mois de janvier à la tête du Conseil européen de la recherche (CER), l'agence européenne de la recherche dotée d'un budget annuel de 2 milliards d'euros, a remis sa démission, annonce le Financial Times ce matin. Cet expert en nanotechnologie médicale a posé ce geste après avoir échoué à monter un programme de recherche commun à l'Union européenne pour lutter contre le coronavirus.Il a remis sa démission à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mardi après-midi."J'ai été extrêmement déçu par la réponse européenne à Covid-19", s'épanche-t-il dans le Financial Times. Je suis arrivé au CER en tant que fervent défenseur de l'Union européenne, mais la crise du Covid-19 a complètement changé mon point de vue, bien que je continue à soutenir avec enthousiasme les idéaux de collaboration internationale". Mauro Ferrari a commencé à batailler avec la Commission européenne au début du mois de mars, "alors qu'il devenait évident, dit-il, que la pandémie serait une tragédie d'une ampleur peut-être sans précédent".Afin de "remplacer les intuitions souvent improvisées des dirigeants politiques", il voulait regrouper "les meilleurs scientifiques du monde" et mettre à leur disposition "des ressources pour lutter contre la pandémie, avec de nouveaux médicaments, de nouveaux vaccins, de nouveaux outils de diagnostic, de nouvelles approches comportementales dynamiques basées sur la science". Mais le projet a été retoqué par le Conseil parce qu'il contrevenait à ses règles, qui réclament de s'occuper de projets "bottom up", c'est-à-dire proposés par la base, les équipes de recherche de l'Union européenne. Le Conseil n'a pas le pouvoir de lancer un projet de recherche "top down", c'est-à-dire de coordonner des équipes européennes autour d'un projet lancé par lui.... Selon Mauro Ferrari, les divers échelons de la Commission européenne aurait aussi mal pris qu'il discute en direct avec Ursula von der Leyen sur les mesures à prendre contre la pandémie, en ne passant pas par la voie hiérarchique.Mauro Ferrari compte donc lancer son projet international... à partir des Etats-Unis. Même en temps de crise sanitaire d'ampleur inégalée, la subtilité technocratique européenne se porte comme un charme.