C'est évidemment la grande question. Certains, comme l'économiste belge Christian Gollier, directeur général de la Toulouse School of Economics (oui, celle du prix "Nobel" d'économie Jean Tirole), ont estimé que le recul de l'activité pourrait se monter à 15-20% ! "A la louche, tweete-t-il. Mettre essentiellement à l'arrêt l'économie pendant deux mois, c'est 2/12ème du PIB annuel qui n'est pas créé".

Mais tout n'est pas à l'arrêt : il y a évidemment le secteur non marchand qui continue, il y a le commerce en ligne qui explose, il y a le secteur des services qui peut poursuivre son activité en s'adonnant, comme votre serviteur, au télétravail. Et l'on ajoutera qu'une partie de l'activité qui n'est pas réalisée aujourd'hui peut être rattrapée demain. La voiture que vous vouliez acheter en mars, vous l'achèterez en septembre...

"Tout n'est évidemment pas comparable, mais pour avoir une idée de l'ordre de grandeur de l'impact, nous pouvons regarder ce qui s'est passé en Chine", note Peter Vanden Houte, chief economist d'ING Belux. Au cours des deux premiers mois de l'année, les ventes au détail ont chuté de 20,5% et la production industrielle de 13,5% en glissement annuel."

Chez nous, rien que secteur Horeca représente 15% de la consommation. Et la consommation représente environ deux tiers du PIB. Les chiffres des premiers mois de l'année vont donc être très mauvais. ING s'attend à une baisse du PIB de 3% au premier trimestre.

Un pic à la mi-avril ?

"Mais évidemment, poursuit Peter Vanden Houte, toute la question est de savoir combien de temps ce "lockdown" va durer. Encore une fois, si l'épidémie évolue de la même manière qu'en Chine - mais c'est une hypothèse à prendre avec des pincettes car cela suppose que nous prenions les mêmes mesures - le pic devrait être atteint à la mi-avril. Il y aura donc un impact négatif qui se poursuivra au deuxième trimestre, mais nous devrions assister à une stabilisation."

Si l'on suit ce scénario, la reprise, très forte, interviendrait au cours du second semestre, un rebond accéléré par les mesures de soutien prises par les autorités. Toutefois, nous ne rattraperons pas l'entièreté de ce qui a été perdu : nous n'allons pas aller deux fois plus au restaurant ou au cinéma... Bref, sur l'année, Peter Vanden Houte estime que nous devrions accuser en Belgique une baisse du PIB comprise entre -0,5% (si l'on est optimiste) et -2% (si l'on est pessimiste). Ce dernier scénario ferait penser à 2009, année où notre PIB avait chuté de 2%. Le Voka, l'association des chefs d'entreprise flamands, est plus sombre puisqu'il estime l'impact à 16 milliards d'euros (soit environ 3,5% du PIB).

Au niveau mondial, le choc pourrait être moins sévère que celui de 2008, mais tout dépend une fois encore de la durée de la mise à l'arrêt, et des mesures prises pour éviter l'écroulement de certains secteurs (tourisme, Horeca, événements, ...) : "Nous envisageons un ralentissement de l'économie mondiale à moins de 2% pour cette année, et cela coûtera probablement de l'ordre de mille milliards de dollars, par rapport à ce que les gens prévoyaient en septembre dernier", estime Richard Kozul-Wright, directeur de la division de la mondialisation et des stratégies de développement à la CNUCED. Il ajoute toutefois que dans un scénario plus noir, la perte - ou plutôt le manque à gagner pour l'économie mondiale - se monterait au double, à 2 mille milliards de dollars.

Vient la question suivante. Qui va payer ? Nous allons tenter d'y répondre demain. En attendant, soyez prudents et portez-vous bien.

C'est évidemment la grande question. Certains, comme l'économiste belge Christian Gollier, directeur général de la Toulouse School of Economics (oui, celle du prix "Nobel" d'économie Jean Tirole), ont estimé que le recul de l'activité pourrait se monter à 15-20% ! "A la louche, tweete-t-il. Mettre essentiellement à l'arrêt l'économie pendant deux mois, c'est 2/12ème du PIB annuel qui n'est pas créé". Mais tout n'est pas à l'arrêt : il y a évidemment le secteur non marchand qui continue, il y a le commerce en ligne qui explose, il y a le secteur des services qui peut poursuivre son activité en s'adonnant, comme votre serviteur, au télétravail. Et l'on ajoutera qu'une partie de l'activité qui n'est pas réalisée aujourd'hui peut être rattrapée demain. La voiture que vous vouliez acheter en mars, vous l'achèterez en septembre... "Tout n'est évidemment pas comparable, mais pour avoir une idée de l'ordre de grandeur de l'impact, nous pouvons regarder ce qui s'est passé en Chine", note Peter Vanden Houte, chief economist d'ING Belux. Au cours des deux premiers mois de l'année, les ventes au détail ont chuté de 20,5% et la production industrielle de 13,5% en glissement annuel."Chez nous, rien que secteur Horeca représente 15% de la consommation. Et la consommation représente environ deux tiers du PIB. Les chiffres des premiers mois de l'année vont donc être très mauvais. ING s'attend à une baisse du PIB de 3% au premier trimestre.Un pic à la mi-avril ? "Mais évidemment, poursuit Peter Vanden Houte, toute la question est de savoir combien de temps ce "lockdown" va durer. Encore une fois, si l'épidémie évolue de la même manière qu'en Chine - mais c'est une hypothèse à prendre avec des pincettes car cela suppose que nous prenions les mêmes mesures - le pic devrait être atteint à la mi-avril. Il y aura donc un impact négatif qui se poursuivra au deuxième trimestre, mais nous devrions assister à une stabilisation." Si l'on suit ce scénario, la reprise, très forte, interviendrait au cours du second semestre, un rebond accéléré par les mesures de soutien prises par les autorités. Toutefois, nous ne rattraperons pas l'entièreté de ce qui a été perdu : nous n'allons pas aller deux fois plus au restaurant ou au cinéma... Bref, sur l'année, Peter Vanden Houte estime que nous devrions accuser en Belgique une baisse du PIB comprise entre -0,5% (si l'on est optimiste) et -2% (si l'on est pessimiste). Ce dernier scénario ferait penser à 2009, année où notre PIB avait chuté de 2%. Le Voka, l'association des chefs d'entreprise flamands, est plus sombre puisqu'il estime l'impact à 16 milliards d'euros (soit environ 3,5% du PIB).Au niveau mondial, le choc pourrait être moins sévère que celui de 2008, mais tout dépend une fois encore de la durée de la mise à l'arrêt, et des mesures prises pour éviter l'écroulement de certains secteurs (tourisme, Horeca, événements, ...) : "Nous envisageons un ralentissement de l'économie mondiale à moins de 2% pour cette année, et cela coûtera probablement de l'ordre de mille milliards de dollars, par rapport à ce que les gens prévoyaient en septembre dernier", estime Richard Kozul-Wright, directeur de la division de la mondialisation et des stratégies de développement à la CNUCED. Il ajoute toutefois que dans un scénario plus noir, la perte - ou plutôt le manque à gagner pour l'économie mondiale - se monterait au double, à 2 mille milliards de dollars.Vient la question suivante. Qui va payer ? Nous allons tenter d'y répondre demain. En attendant, soyez prudents et portez-vous bien.