" Le virus ne résiste pas à la chaleur et meurt s'il est exposé à des températures de 26-27 °C : il faut donc souvent consommer des boissons chaudes comme du thé, de la tisane ou de la soupe pendant la journée. " Cette semaine, sur les réseaux sociaux, vous avez sans doute vu passer ce genre de conseils distillés par " un chercheur collaborant avec le groupe de travail qui lutte contre l'épidémie de coronavirus " et vous l'avez peut-être vous-même relayé dans un grand élan de solidarité.
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" Le virus ne résiste pas à la chaleur et meurt s'il est exposé à des températures de 26-27 °C : il faut donc souvent consommer des boissons chaudes comme du thé, de la tisane ou de la soupe pendant la journée. " Cette semaine, sur les réseaux sociaux, vous avez sans doute vu passer ce genre de conseils distillés par " un chercheur collaborant avec le groupe de travail qui lutte contre l'épidémie de coronavirus " et vous l'avez peut-être vous-même relayé dans un grand élan de solidarité. Le problème, avec la crise du Covid-19, c'est que le virus de la désinformation se propage aussi vite que la maladie elle-même et qu'il peut se révéler, in fine, tout aussi dangereux. A l'heure actuelle, les épidémiologistes ne connaissent toujours pas la résistance du coronavirus à la chaleur et ce genre de " révélation " n'a donc pas de raison d'être. C'est une fake news, comme on dit, et il vaut mieux se fier dès lors aux informations communiquées par des organismes officiels - l'Organisation mondiale de la santé et le SPF Santé publique sur notre territoire - ou celles vérifiées par des médias réputés sérieux. Fraîchement sortie de presse, l'étude Démocratie et désinformation sur Internet signée Roland Berger tombe à pic en cette période agitée de crise sanitaire. Initiée par le cabinet de conseil en stratégie, elle décortique le phénomène des fake news en posant la question suivante : comment l'Europe peut-elle protéger ses citoyens sans mettre en danger la liberté d'opinion ? Au fil de ses 60 pages, le rapport de Roland Berger pointe l'importance des " nouveaux " réseaux sociaux dans la propagation des fausses rumeurs, un phénomène d'autant plus inquiétant que les jeunes générations utilisent souvent Facebook ou Instagram comme seule et unique source d'information. Ainsi, l'étude révèle que 73% des Européens âgés de 18 à 29 ans consultent les médias en ligne au moins une fois par jour, mais ne sont que 12% à lire la presse écrite. En revanche, la proportion s'équilibre davantage chez les plus de 50 ans avec 48% des sondés qui surfent quotidiennement sur les médias numériques, mais qui sont malgré tout 39% à lire encore la presse écrite où les informations sont davantage recoupées. Terrain fertile à la propagation des fake news, les réseaux sociaux et certains sites web doivent donc être mieux contrôlés pour que la démocratie ne soit pas en danger. C'est d'ailleurs l'une des recommandations de l'étude de Roland Berger. " Il est nécessaire d'imposer à toutes les plateformes des règles transparentes et homogènes pour gérer les fausses nouvelles, précise le rapport dans ses conclusions. Ces règles doivent être fixées par un cadre légal clair. " Outre cette demande pressante aux autorités politiques de légiférer davantage en la matière, le cabinet de conseil préconise aussi une réglementation plus cohérente de la publicité politique sur les réseaux sociaux, ainsi qu'une meilleure éducation des utilisateurs aux médias en ligne dès le plus jeune âge, en citant notamment la Finlande où des programmes d'éducation aux médias sont mis en place dès l'école maternelle. Un exemple plutôt inspirant.