Monsieur Destatte, vous êtes Directeur général de l'Institut Destrée. Pouvez-vous nous en rappeler les missions, les objectifs et les actions ?

L'Institut Destrée est à la fois un centre recherche européen à vocation interuniversitaire - des partenaires de ce type sont nombreux - et un think tank, un générateur d'idées innovantes, qui développe des plateformes multiacteurs (entreprises, sphère publique, société civile), du local au global. Il n'est ni dédié à une idéologie, ni à un gouvernement, ni à un enjeu ou pouvoir particulier. Il travaille avec des entreprises, des pouvoirs publics et des fondations, voire directement des citoyennes et citoyens. Son core-business est la prospective et l'anticipation, notamment sur les questions de gouvernance, de développement régional ou territorial. Mais il peut aussi travailler avec l'OTAN sur l'anticipation du terrorisme ou avec la Commission européenne et la Banque mondiale sur les questions de l'avenir de la démocratie. Son quartier général est à Namur, mais dispose aussi de pieds à terre et de relais à Paris et à Lyon. Enfin, il s'inscrit dans le réseau mondial du Millennium Project, premier réseau de recherche prospective, dans lequel il assure le Noeud de l'Aire européenne de Bruxelles.

Quels sont les enjeux qui se profilent pour la Wallonie d'ici 2024 ?

Le Collège de prospective, qui est une de nos trois plateformes permanentes d'interactions - avec la Plateforme d'Intelligence territoriale wallonne et la Plateforme d'intelligence Millennia 2025 Femmes et Innovation - est composé d'une cinquantaine de personnalités venant de différents cercles en Wallonie. Ces derniers mois, ils ont dressé des trajectoires d'évolutions possibles de la Wallonie. Et 2019 et 2024 y ont été identifiés comme des "turning points", des bifurcations possibles où les acteurs wallons pourraient décider d'accentuer avec volontarisme le redressement de la Wallonie ou, au contraire, de se contenter d'une situation dans laquelle la Wallonie ne génère pas assez de moyens pour relever les défis qui lui font face. La plupart de ces enjeux sont connus, mais n'ont pas, trop longtemps, été saisis avec suffisamment de forces et de moyens pour atteindre les grands équilibres dans les domaines des compétences, de nouveaux modèles économiques dans lesquels chacun contribue, d'entrepreneuriat, d'internationalisation, de transitions climatiques, énergétiques, de mobilité, et aussi de gouvernance collective, d'innovation démocratique, de délibération, d'évaluation. L'enjeu de la trajectoire budgétaire est central et transversal : c'est lui qui permet d'impulser des politiques collectives, mais aussi de ne pas aliéner les générations futures.

Quel est l'objectif de ce congrès qui se tient mardi ? Qu'espérez-vous en voir émerger ?

En posant la question du redressement de la Wallonie de manière collective, nous testons la capacité des citoyennes, citoyens et acteurs wallons de relever les défis de l'avenir. À la fois, nous répondons à l'appel du Gouvernement wallon de créer une nouvelle donne où chaque acteur s'implique dans une volonté collective, ce que le Ministre-Président a appelé au Parlement un WalDeal. Nous tentons de lui donner un contenu à partir de notre propre centre de gravité, sans nous substituer aux organisations et partis politiques, mais en leur montrant le chemin d'un pacte sociétal. Ce pacte serait un socle d'idées autour desquelles on pourrait se réunir. Il a commencé à prendre forme au travers de vingt textes écrits par des membres du Collège de Prospective et publié sur notre site internet.

En faisant référence aux échéances électorales régionales de 2019 et 2024, nous voulons rassembler les femmes, les hommes et leurs idées pour les faire dialoguer. Notre hashtag sera #WallUp , ce qui signifie à la fois redressement de la Wallonie, mais aussi, lever les murs qui empêchent la société wallonne d'avancer comme elle le voudrait ou devrait, si elle veut faire face aux enjeux de l'avenir. Si j'en juge par la qualité des acteurs présents et déjà leur nombre - plus de 250 inscrits -, je pense que la volonté d'agir concrètement est déjà bien présente. De nombreux jeunes seront présents, ce qui devrait tous nous réjouir !

© Institut Destrée

Congrès Bifurcations 2019 et 2024, comment accélérer le redressement de la Wallonie

Bourse de Namur, Place d'Armes, 5000 Namur.

A partir de 8h30. Cocktail de clôture à 17h15.

Ce congrès se veut ouvert à toutes et à tous, et est entièrement gratuit. Le public pourra intervenir et poser des questions tout au long de la journée, au micro ou via l'outil Sli.do.

Toutefois, pour un déroulement optimal de cet événement, une inscription préalable sur le site de l'Institut Destrée est nécessaire.