Selon Bruxelles, les budgets présentés par ces pays --France, Italie, Slovénie, Slovaquie, Finlande, Espagne, Portugal et Belgique-- sont susceptibles de s'éloigner des objectifs qui leur avaient été fixés.

L'effort fourni par ces membres de la zone euro pour assainir leurs dépenses publiques "est inférieur à ce qui est recommandé" par l'UE, a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Parmi les Etats concernés, quatre --la France, l'Italie, la Belgique et l'Espagne-- peinent en outre "à réduire leur dette publique trop élevée", a souligné M. Moscovici, qui les "invite à poursuivre des politiques budgétaires prudentes".

"Ces quatre pays n'ont pas suffisamment profité des périodes économiques favorables pour assainir leurs finances publiques", a souligné le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis.

"En 2020, ils ne prévoient aucun ajustement budgétaire significatif ou même une expansion budgétaire: cette situation est inquiétante", a-t-il ajouté.

Selon la Commission, le déficit budgétaire français atteindra 2,2% de son PIB en 2020 et 2021, mais l'effort structurel --c'est-à-dire l'effort fourni sans prendre en compte la conjoncture économique-- reste trop faible.

En conséquence, l'endettement de la France, qui atteindra 98,9% de son produit intérieur brut (PIB) en 2020, devrait croître en 2021 à 99,2% de son PIB.

En Italie, le déficit devrait se porter à 2,3% en 2020, puis 2,7% en 2021, une situation qui inquiète les Européens, étant donnée l'énorme dette du pays.

Celle-ci atteindra en effet 136,8% du PIB l'an prochain, puis 137,4% du PIB en 2021. Le deuxième ratio le plus important après la Grèce.

Contrairement à l'an passé, où les relations ont été particulièrement tendues entre Bruxelles et le gouvernement populiste alors au pouvoir à Rome, l'heure est cependant au dialogue.

"On ne peut pas comparer le débat budgétaire que nous avons cette année (...) (et est) sérieux (...) et la confrontation que nous avons connue il y a un an", avait affirmé M. Moscovici début novembre.

Sur les 19 membres de la zone euro, neuf pays ont présenté pour 2020 un projet de budget totalement conforme aux règles européennes: l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Irlande, la Grèce, la Lituanie, le Luxembourg, Chypre, Malte et l'Autriche.

Concernant l'Allemagne et les Pays-Bas, qui disposent d'une marge budgétaire leur permettant de soutenir les investissements, M. Moscovici s'est félicité des "premiers pas pris vers une politique budgétaire plus expansive".

"C'est une excellente nouvelle pour la croissance de ces pays bien entendu, mais aussi pour l'ensemble de la zone euro", a souligné le commissaire français.