Dans ce courrier rendu publique lundi, M. Johnson, qui affirme vouloir quitter l'UE le 31 octobre avec ou sans accord, évoque des "arrangements" pour remplacer ce dispositif. Mais cette lettre "ne propose pas de solution opérationnelle légale pour prévenir le retour d'une frontière dure sur l'île d'Irlande", a jugé une porte-parole de la Commission, Natasha Bertaud.

Le "backstop" est une clause de dernier recours qui prévoit que, faute de meilleure solution à l'issue d'une période transitoire, et pour éviter le retour d'une frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, le Royaume-Uni tout entier reste dans un "territoire douanier unique" avec l'UE.

Dans sa lettre, le successeur de Theresa May estime que ce dispositif est "antidémocratique et porte atteinte à la souveraineté de l'Etat britannique". En outre, cela l'empêcherait de mener une politique commerciale indépendante des règles de l'UE, relève-t-il.

"Le +backstop+ est une assurance pour éviter une frontière dure sur l'île d'Irlande tant qu'une solution de rechange n'est pas trouvée", a pour sa part fait valoir le président du Conseil européen, Donald Tusk, le destinataire de la lettre, dont le président de la Commission Jean-Claude Juncker est en copie.

"Ceux qui sont contre le +backstop+ et qui ne proposent pas d'alternatives réalistes sont en réalité favorables au rétablissement d'une frontière. Même s'ils ne l'admettent pas", a-t-il rétorqué, sans nommer directement le Premier ministre britannique.

La porte-parole de la Commission a cependant salué mardi l'engagement de gouvernement britannique en faveur d'un "retrait ordonné" de l'UE.

Boris Johnson affirme dans sa lettre que son "gouvernement travaillera avec énergie et détermination à trouver un accord, c'est notre plus haute priorité".

L'accord de divorce que l'UE refuse de renégocier a été rejeté à trois reprises par les députés britanniques. Une sortie sans accord serait lourde de conséquences pour l'économie du Royaume-Uni.