"Le niveau d'ambition d'un futur accord de libre-échange que nous devrons négocier et conclure avec le Royaume-Uni dépendra clairement des garanties que nous aurons ensemble mises sur le papier en matière sociale, environnementale, de concurrence ou d'aides d'Etat", a souligné M. Barnier, qui s'exprimait devant les eurodéputés à Strasbourg.

"Cette relation économique doit évidemment être accompagnée par des garanties de 'level playing field' (expression anglaise communément utilisée pour évoquer ces conditions équitables, ndlr)", a-t-il ajouté.

M. Barnier a regretté que le gouvernement britannique de Boris Johnson ait manifesté son intention de "revenir sur les engagements" pris en la matière par l'ancienne Première ministre Theresa May dans la "déclaration politique" sur la relation future négociée avec l'UE.

"Le Parlement européen n'acceptera jamais que le Royaume-Uni puisse avoir tous les avantages du libre-échange sans s'aligner sur nos normes écologiques, sanitaires et sociales. Nous ne sommes pas stupides!", a estimé l'eurodéputé libéral Guy Verhofstadt.

Référent sur le Brexit au Parlement européen, l'ex-Premier ministre belge a ajouté que l'Europe ne laissera pas le Royaume-Uni devenir un "Singapour-sur-mer-du-Nord".

"Avec un grand pays si proche, important comme le Royaume-Uni, qui réalise un peu plus de la moitié de son commerce avec le marché unique, un partenariat économique ambitieux exige un socle de règles du jeu communes", a insisté M. Barnier.

"Nous voulons créer les conditions de confiance nécessaires pour bâtir notre relation future telle qu'elle était esquissée dans la déclaration politique. Si le Royaume-Uni sort sans accord, je veux rappeler que toutes ces questions ne disparaissent pas", a-t-il ajouté.

"Le 'no deal' n'est pas une destination, c'est un état temporaire", a-t-il également rappelé.

Londres et Bruxelles peinent à s'entendre sur un accord de retrait, alors que le Royaume-Uni est supposé quitter l'UE le 31 octobre, ce qui rend "très réel" le risque d'une sortie sans accord, selon le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.