Voici les scénarios possibles.

Le Parlement britannique approuve

Le Parlement britannique, qui se réunit exceptionnellement samedi, approuve l'accord de Brexit.

Cela signifie que Boris Johnson, faute de majorité absolue, a réussi à rallier d'ici là les eurosceptiques du DUP, de son camp, voire de l'opposition. Certains députés travaillistes et indépendants élus de circonscriptions ayant voté "Leave" au référendum de juin 2016 sont susceptibles de soutenir le texte pour éviter un "no deal".

Une fois approuvé à Westminster, l'accord doit encore être ratifié par le Parlement européen avant le 31 octobre, la date prévue du divorce.

Le Parlement britannique rejette le texte

Boris Johnson ne parvient pas à convaincre suffisamment de députés.

Son Parti conservateur au pouvoir n'a pas la majorité absolue au Parlement, où il occupe 288 des 650 sièges. En outre, le petit parti nord-irlandais DUP, un parti eurosceptique et ultraconservateur qui forme une coalition avec les Tories, a annoncé qu'il ne soutiendrait pas l'accord.

De son côté, le chef du principal parti d'opposition, le Labour, Jeremy Corbyn, a appelé à "rejeter" le texte, ce qui rend une victoire improbable ou très serrée.

Nouveau report

Même si Boris Johnson n'a de cesse de claironner que le Royaume-Uni quittera quoi qu'il arrive l'Union européenne le 31 octobre, une loi votée le mois dernier le contraint à demander un report de trois mois du Brexit faute d'accord le 19 octobre.

Si le Parlement rejetait le texte, Boris Johnson serait contraint de demander un report, une perspective qu'il abhorre.

Un tel report requiert l'approbation unanime des 27 pays membres de l'UE, qui peuvent aussi demander qu'il soit plus court ou plus long.

Initialement programmé pour le 29 mars 2019, le Brexit a été déjà ajourné à deux reprises, faute d'accord du Parlement sur les formes qu'il doit revêtir.

Brexit sans accord

Le Parlement rejette l'accord, les 27 refusent un nouveau report du Brexit, le Royaume-Uni sort de l'UE le 31 octobre sans accord.

Ce scénario est particulièrement redouté par les milieux économiques, qui craignent une dégringolade de la livre (causant par ricochet une hausse des prix), une chute des exportations, voire une récession, avec le rétablissement de droits de douane et le spectre de pénuries de produits alimentaires, d'essence et de médicaments.

Le gouvernement de Boris Johnson se prépare activement à ce scénario, multipliant les annonces de milliards de livres destinés à amortir le choc.

Elections anticipées

La crise politique est telle au Royaume-Uni que des élections législatives anticipées paraissent inéluctables dans les semaines ou les mois à venir. Tous les partis politiques s'y préparent activement.

Mais l'opposition travailliste veut attendre qu'un report du Brexit soit entériné avant que les électeurs ne soient appelés aux urnes.

Pour Boris Johnson, ce scrutin constitue la seule chance de regagner la majorité absolue.

Pas de Brexit

Le Brexit est reporté, l'opposition travailliste, emmenée par Jeremy Corbyn, arrive en tête d'élections législatives anticipées et organise, avec le soutien du parti europhile libéral démocrate (centre) et des indépendantistes écossais, un second référendum. Entre un Brexit avec un nouvel accord négocié par un gouvernement travailliste avec Bruxelles et le maintien dans le club européen, les électeurs choisissent la deuxième option et le Royaume-Uni reste dans l'UE.