Je trouve que j'ai beaucoup de chance. Mon métier consiste à décrypter l'actualité pour nos lecteurs et c'est un vrai bonheur, car l'actualité est fascinante, du moins pour celui ou celle qui arrive bien à la saisir et à ne pas se laisser distraire par l'écume des vagues.

Hier encore, je vous disais que pour avoir une chance de devenir président des Etats-Unis, il fallait avoir au moins 70 ans. Dans le camp Démocrate, Bernie Sanders a 78 ans, Joe Biden a également 77 ans, Bloomberg même chose, et la benjamine Elisabeth Warren n'a que 70 ans. Tout ce petit monde devra faire face au candidat Républicain Donald Trump qui a 73 ans.

Je vous en reparle aujourd'hui, car l'une des entreprises les plus fascinantes de ces dernières années, WeWork, ce que les américains appellent une Licorne, -c'est-à-dire une start up valorisée à plus d'un milliard de dollars- est quasi en faillite.

Une des personnes nommées pour la sauver, c'est Maurice Levy, l'ancien patron de l'agence de communication Publicis qui est aujourd'hui âgé de... 77 ans. Mieux encore, Maurice Lévy va s'occuper de la communication et du marketing de WeWork, un job généralement réservé à des jeunes trentenaires.

Je résume la situation : au départ, WeWork est une entreprise qui fait le buzz dans le monde entier, c'est elle qui lance la mode des stations de co-working modernes, c'est l'entreprise qui décolle de manière fulgurante et dont la valorisation grimpe à une telle vitesse qu'elle atteint à un moment donné les 47 milliards de dollars alors que cette entreprise n'est pas rentable. Et puis, patatras, en voulant entrer en Bourse, les analystes se penchent enfin sérieusement sur cette start up, et constatent que WeWork a beau se présenter comme une start up technologique, c'est en réalité une entreprise active dans l'immobilier. Point barre.

Bref, le glamour de WeWork sombre dans les limbes et la valorisation de 47 milliards tombe à 8 milliards de dollars seulement. Et quant à la cotation en Bourse, c'est simple, elle est annulée et son PDG, un trentenaire, est prié de faire ses bagages contre un chèque d'un peu plus d'un milliard de dollars.

Aujourd'hui, qui nomme-t-on parmi la nouvelle direction ? L'ancien PDG de Publicis qui a 77 ans ! C'est magnifique comme signal. L'actualité nous dit en quelque sorte que la vie après 70 ans ne s'arrête pas. On peut devenir président des Etats-Unis ou même redresseur de multinationale en difficulté. Elle est pas belle la vie ?