Une aubaine pour le secteur ?

Avant la réforme, 95 % des apprentis conducteurs passaient par la filière libre. Cette proportion a changé : désormais, 73 % d'entre eux suivent leur apprentissage via une auto-école, que ce soit en complément de la filière libre (37 %) ou non (36 %), d'après une récente étude de Vias, l'institut belge pour la sécurité routière. Une aubaine pour le secteur des auto-écoles qui verraient affluer les élèves en nombre depuis un an et demi ? La fédération Federdrive, qui représente 50 % des écoles de conduite belges, nuance ces données : " Ce chiffre est à prendre avec des pincettes. Il englobe, sans faire de distinction, tous ceux qui viennent passer leur permis avec la voiture d'une auto-école, même s'ils ont fait toute leur formation en filière libre et n'ont eu recours à une auto-école que pour quelques heures ", commente Hugues Cherpion, le représentant de Federdrive.

Combien coûte le permis de conduire ?

L'option filière libre demeure la moins onéreuse car on ne passe que les examens et le test de perception des risques, soit une bonne centaine d'euros. En suivant la formation en auto-école, le candidat devra débourser environ 1.700 euros pour l'option de 20 heures de conduite et plus de 2.000 euros pour l'option accès direct. En gros, il faut compter 500 euros pour 10 heures de conduite, augmentés de frais de dossier. Enfin, passer l'examen avec la voiture de l'auto-école et le formateur à bord entraîne un supplément de 150 euros environ.

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Un secteur en forme

Selon Statbel, l'Office belge de statistique, le secteur des auto-écoles repris sous le terme " Enseignement de la conduite de véhicules à moteur " comptait 1.866 employés fin 2018. A cela, il convient d'ajouter les indépendants du secteur, pour lesquels les chiffres ne sont pas disponibles. Il y a 287 entreprises d'enseignement de la conduite en Wallonie, 121 à Bruxelles et 304 en Flandre (personnes morales et physiques), soit un total de 712 entreprises. Un chiffre en évolution : il a, par exemple, augmenté de 50 % en 10 ans à Bruxelles. Bien que le secteur de l'écolage automobile semble afficher une bonne santé, il fait face à des difficultés de recrutement. En cause : le vieillissement des formateurs, un examen d'accès à la profession difficile, des horaires décalés et un salaire peu attractif.

Un casse-tête à la belge

Les directives pour se préparer à l'examen de conduite ne sont pas les mêmes à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie. Par exemple, la Wallonie a instauré un " prétest " obligatoire. " Nous assistons à une concurrence entre les Régions et un 'tourisme du permis', déplore Hugues Cherpion. Rouler 1.500 km sur la bande de droite de la E411, ce n'est pas la même chose que dans le centre d'Anvers. " De nombreux élèves choisiraient en effet de passer leur permis via la filière libre en Wallonie. Ceci explique peut-être les données avancées par Vias, selon lesquelles les Wallons sont plus enclins à se tourner vers la filière libre (31% contre 25 % en Flandre et 21 % à Bruxelles). L'agacement est partagé par les auto-écoles situées à Bruxelles ou le long de la frontière linguistique. Certaines de ces auto-écoles " frontalières " déplorent une diminution de près d'un quart de leurs revenus annuels.

En chiffres

24 ans

La moyenne d'âge des candidats à l'examen de conduite. Elle est passée de 20 à 24 ans en quelques années.

60 à 65 % Le pourcentage

du taux de réussite à l'examen de conduite.