P areille réaction n'avait plus été vue depuis près de 30 ans, lorsque le Koweit avait été envahi par l'Irak, déclenchant la première guerre du Golfe. Ce lundi, le cours du baril de Brent a grimpé de 15%, suite à une attaque des installations pétrolières saoudiennes ce samedi 14 septembre à Abqayq et Khurais, à l'est du royaume wahhabite.
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P areille réaction n'avait plus été vue depuis près de 30 ans, lorsque le Koweit avait été envahi par l'Irak, déclenchant la première guerre du Golfe. Ce lundi, le cours du baril de Brent a grimpé de 15%, suite à une attaque des installations pétrolières saoudiennes ce samedi 14 septembre à Abqayq et Khurais, à l'est du royaume wahhabite. L'impact sur le prix à la pompe peut déjà se ressentir quelque peu: " Tout va dépendre si la fièvre des cours retombe rapidement ou pas ", indique Jean-Benoît Schrans, porte-parole de la Fédération pétrolière belge. Ce dernier indique que l'Arabie saoudite représente 17% des approvisionnements belges. " Riyad a indiqué qu'il utiliserait ses réserves pour maintenir les livraisons ", souligne le porte-parole qui note que les cours sont encore loin des sommets atteints ces dernières années. Le baril de pétrole, qui a touché les 70 dollars après l'attaque du week-end, avait atteint les 120 dollars en 2011. La Belgique dispose d'une réserve stratégique de 90 jours, " pour les cas de pénurie, précise Jean-Benoît Schrans, ce qui n'est pas la situation actuelle ". Une réaction de panique des marchés ? Clairement, car on ne sait pas grand-chose sur l'attentat, revendiqué par des rebelles yéménites houthis, contre qui les Saoudiens mènent une véritable guerre. On sait toutefois que la production du site d'Aramco ( photo) de 5,7 millions de barils par jour - soit 5% de la production mondiale - a été arrêtée. La remise en route pourrait prendre quelques semaines voire quelques mois. C'est le plus grand site de traitement de pétrole au monde et sa fragilité inquiète... L'Arabie saoudite a été incapable de protéger ses installations, malgré les sommes colossales qu'elle consacre à la défense, à savoir 17,3% de son budget, soit 51 milliards de dollars (pour 2019). Le pays intervient militairement au Yémen depuis 2015 dans la guerre civile qui le déchire, en s'attaquant aux rebelles houthis, soutenus par les Iraniens. La crainte saoudienne étant d'avoir un jour un pays chiite à sa frontière sud. Les Houthis, qui avancent avoir lancé une dizaine de drones ce samedi, ont promis d'autres attaques. Du côté de l'administration Trump, on évoque une attaque combinée de drones et de missiles. Les Saoudiens accusent les Iraniens d'avoir apporté leur aide, ce que ces derniers démentent. Des officiels américains soutiennent ce raisonnement et parlent même d'une attaque provenant d'Iran ou d'Irak. Cette situation confuse, le risque d'autres attaques, voire celui d'une tension supplémentaire avec l'Iran, ont contribué à la poussée de fièvre pétrolière. Pour rassurer tout le monde, le président Donald Trump a proposé aux Saoudiens l'aide de l'armée américaine, en précisant toutefois qu'il " préfère éviter " un conflit militaire avec l'Iran.