Depuis 2009, les électeurs grecs ont été appelés six fois aux urnes, soit pour des élections législatives, soit pour un référendum. Les élections législatives de ce week-end laissaient donc suinter une certaine fatigue de l'électorat. Néanmoins, c'est une fois encore Alexis Tsipras, le patron du parti de gauche alternative Syriza, qui remporte les suffrages. Il est crédité de plus de 35% des voix. Cela signifie que la précédente coalition, constituée de Syriza et des souverainistes d'Anel, voit sa majorité parlementaire reconduite. À peu de choses près, les électeurs ont donc opté pour la poursuite d'un gouvernement similaire.
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Depuis 2009, les électeurs grecs ont été appelés six fois aux urnes, soit pour des élections législatives, soit pour un référendum. Les élections législatives de ce week-end laissaient donc suinter une certaine fatigue de l'électorat. Néanmoins, c'est une fois encore Alexis Tsipras, le patron du parti de gauche alternative Syriza, qui remporte les suffrages. Il est crédité de plus de 35% des voix. Cela signifie que la précédente coalition, constituée de Syriza et des souverainistes d'Anel, voit sa majorité parlementaire reconduite. À peu de choses près, les électeurs ont donc opté pour la poursuite d'un gouvernement similaire.Quelles leçons en tirer ? La première, c'est que la volonté d'Alexis Tsipras d'en finir avec un régime qu'il estime "structurellement corrompu" est un argument porteur. La seconde, c'est que les Grecs n'ont pas sanctionné le chef du gouvernement pour sa volte-face fin juin. Malgré, lors du référendum d'alors, le non des électeurs à la politique d'austérité forcée par l'Europe, Alexis Tsipras avait, on s'en souvient, finalement dû plier devant ses créanciers et accepter un nouveau plan d'austérité, très dur. C'était le seul moyen pour recevoir une nouvelle aide de 86 milliards d'euros et éviter la faillite - et la sortie de l'euro - au pays.Ce dimanche, quelques instants après avoir appris sa victoire, Alexis Tsipras a donc rappelé qu'il respecterait les derniers accords conclus avec ses partenaires européens le 13 juillet dernier. Il mettra son plan d'austérité en oeuvre. Mais il a ajouté qu'il allait aussi commencer à négocier un allègement de la dette...En fait, on se retrouve quasiment au même point qu'il y a un an. Tout le monde sait que le plan de 86 milliards décidé au début des vacances ne sert à rien, puisqu'il n'est pas crédible sans, notamment, un allègement de la dette. Or, les Etats-membres de la zone euro sont très, très réticents, voire hostiles à cette idée. Quoi qu'il en soit, ils ne veulent pas en entendre parler avant la fin de cette année, lorsque l'Europe aura passé au crible les mesures structurelles prises par Athènes afin de s'assurer que le pays suit bien la feuille de route qui lui a été imposée.La tragédie grecque risque donc de connaître un nouvel épisode tendu dans quelques mois. Episode plus poignant encore car un nouvel élément devrait entrer en jeu au début de l'an prochain : la mise en place de la directive européenne sur la résolution bancaire. Une directive qui permet, à partir de l'an prochain, de ponctionner les gros dépôts pour sauver les banques en difficultés.Or toutes les banques grecques sont vacillantes. Il faut au moins injecter 25 milliards pour les sauver. C'est d'ailleurs un des chapitres majeurs du plan d'aide de 86 milliards. Si à la fin de cette année la mise en oeuvre du plan n'est pas validée, on assistera donc à un nouveau bras de fer entre l'Europe et Athènes, avec encore une nouvelle tranche d'épargne fuyant le pays à jamais et hypothéquant un peu plus encore la reprise de l'économie grecque puisque l'on sait qu'épargne et investissements sont les deux faces d'une même médaille.Le bon sens voudrait qu'aujourd'hui, après ces élections, on se mette autour de la table pour assurer enfin un plan de sauvetage crédible. Mais qui en aura le courage politique ?