Abba, Ikea, Volvo. Le monde entier connaît les produits d'exportation les plus marquants de la Suède. Pour le constructeur automobile, cela a toutefois fois été plus d'une décennie de tâtonnements. Depuis 2010, Volvo remonte la pente, après le rachat de la marque par l'homme d'affaires chinois Li Shufu à son propriétaire américain Ford. "Volvo est comme un tigre en cage. Nous allons le ramener à la vie", déclarait alors Li Shufu.
...

Abba, Ikea, Volvo. Le monde entier connaît les produits d'exportation les plus marquants de la Suède. Pour le constructeur automobile, cela a toutefois fois été plus d'une décennie de tâtonnements. Depuis 2010, Volvo remonte la pente, après le rachat de la marque par l'homme d'affaires chinois Li Shufu à son propriétaire américain Ford. "Volvo est comme un tigre en cage. Nous allons le ramener à la vie", déclarait alors Li Shufu.Pour le toujours très souriant Li Shufu, il a également fallu tâtonner. L'accélération a suivi mi-octobre 2012 avec l'arrivée de Håkan Samuelsson en tant que nouveau CEO. Le vétéran industriel du monde automobile n'a connu que trois employeurs au cours de ses quarante années de carrière. L'ingénieur a fait ses gammes auprès de cette autre solide marque suédoise, le producteur de camions Scania. Samuelsson y a travaillé de 1977 à 2000, principalement dans des fonctions techniques. En 1996, il est devenu responsable du département R&D. Mais ce n'était pas l'entente cordiale avec le CEO Leif Östling. Le Suédois est alors parti en Allemagne, chez le concurrent MAN.Après avoir a été responsable des véhicules commerciaux pendant cinq ans, Samuelsson est devenu CEO en 2005. Les actionnaires se sont réjouis du doublement du cours de l'action en bourse, car il a surpris par l'excellence de son management : un plus grand focus sur le coeur de métier, une rationalisation de la production et un glissement de cette production vers des pays meilleur marché.Après quatre ans, la belle histoire s'est brutalement interrompue. Samuelsson a démissionné fin 2009 à cause d'un scandale lié à des pots-de-vin. Les acheteurs d'importants clients avaient été soudoyés de telle sorte qu'ils ont placé davantage de commandes chez MAN. L'enquête judiciaire a lavé Samuelsson de tout soupçon. Le personnel a été surpris par le départ de Samuelsson, mais les initiés ont toutefois été plus avisés. En sous-main, le président du conseil d'administration, Ferdinand Piëch, avait fait pression. Le propriétaire de l'actionnaire majoritaire Volkswagen Group désirait le départ de Samuelsson, parce que ce dernier représentait un obstacle à une fusion avec Scania. Après toutes ces années, le courant ne passait toujours pas entre Samuelsson et le CEO de Scania, Leif Östling.Samuelsson avait 58 ans lors de son départ précipité. Revenir par la grande porte à cet âge en dit particulièrement long sur le Suédois. En 2011, il a été repêché comme administrateur indépendant auprès du constructeur automobile Volvo. En octobre 2012, il était déjà CEO. "Ce n'était nullement l'objectif initial", a révélé Samuelsson l'an dernier à Car Magazine. "Non pas que j'en aie du regret. Je désire continuer à apprendre toute ma vie. Et cela, on le fait plutôt sur le lieu de travail, pas en faisant la causette assis sur des sièges douillets dans un conseil d'administration."Car Magazine décrivait Samuelsson comme un gaillard particulièrement souriant et détendu. Ces dernières années, il ne s'est également pas fait remarquer par des remarques audacieuses. Il n'est assurément pas dans un ego trip. Dans le petit monde de l'automobile, le discret Suédois est plutôt une exception. Quelle différence avec des figures particulièrement médiatiques comme Carlos Ghosn (Renault Nissan), Elon Musk (Tesla), l'ancienne grosse pointure de Volkswagen Ferdinand Piëch ou Dieter Zetsche (le patron de Daimler à la moustache de morse). En mai, Samuelsson a été désigné CEO le plus populaire du monde automobile par l'agence d'études de marché Owler.En Belgique aussi, Samuelsson reste en grande partie un inconnu. Avec Gand et une production annuelle d'un quart de million de voitures, Volvo a pourtant la plus grande usine du groupe chez nous. 5.400 travailleurs (dont 800 intérimaires) travaillent pour Volvo à Gand. Le dirigeant suédois semble également ne pas être intégré dans notre milieu politique. Début octobre 2014, il avait réagi de manière surprise lorsqu'il a appris par le biais d'un journaliste du journal De Tijd que Geert Bourgeois avait succédé à Kris Peeters en tant que ministre-Président Flamand.Ces dernières années, les contacts politiques se sont certes accélérés. Le vétéran industriel suédois a observé avec satisfaction la capacité d'écoute nécessaire. Car dans ses rares interviews, Samuelsson souligne systématiquement le niveau élevé des salaires belges. Ce mantra, il l'a répété début avril, alors qu'il a en même temps fait part de la nouvelle réjouissante de la construction d'un nouveau modèle à Gand.