Nouvelle vie

Vainqueur du Tour en 2010 et classé trois fois meilleur jeune, Andy Schleck n'aura pourtant pas eu une longue carrière sur son vélo. De trop nombreuses blessures ont eu raison de sa motivation, l'obligeant à raccrocher à seulement 29 ans. Il n'a néanmoins pas tardé à rebondir puisque trois ans plus tard, Andy Schleck a désormais changé de vie pour devenir chef d'entreprise. Une nouvelle étape professionnelle qui ne tourne toutefois pas totalement la page du cyclisme, puisqu'il a décidé d'ouvrir un magasin de vélos. Un véritable temple de la bicyclette qui ne se limite pas à un public pro. " J'ai décidé de proposer une offre pour tout le monde. Il ne fallait pas se limiter aux vélos de route, surtout lorsque l'on voit le développement de l'électrique, par exemple ", explique le coureur retraité. Il n'a pas fait les choses à moitié. Son magasin s'étend sur trois étages, soit 1.000 mètres carrés. L'Andy Schleck Cycles est ainsi l'un des plus importants parmi les magasins dédiés à la petite reine au Luxembourg.
...

Vainqueur du Tour en 2010 et classé trois fois meilleur jeune, Andy Schleck n'aura pourtant pas eu une longue carrière sur son vélo. De trop nombreuses blessures ont eu raison de sa motivation, l'obligeant à raccrocher à seulement 29 ans. Il n'a néanmoins pas tardé à rebondir puisque trois ans plus tard, Andy Schleck a désormais changé de vie pour devenir chef d'entreprise. Une nouvelle étape professionnelle qui ne tourne toutefois pas totalement la page du cyclisme, puisqu'il a décidé d'ouvrir un magasin de vélos. Un véritable temple de la bicyclette qui ne se limite pas à un public pro. " J'ai décidé de proposer une offre pour tout le monde. Il ne fallait pas se limiter aux vélos de route, surtout lorsque l'on voit le développement de l'électrique, par exemple ", explique le coureur retraité. Il n'a pas fait les choses à moitié. Son magasin s'étend sur trois étages, soit 1.000 mètres carrés. L'Andy Schleck Cycles est ainsi l'un des plus importants parmi les magasins dédiés à la petite reine au Luxembourg.Propriétaire des lieux, Andy Schleck s'est entouré de sept employés pour faire tourner son nouveau business. Son implication ne se limite toutefois pas à être simplement le porteur financier du projet. " En plus du magasin, j'entretiens des collaborations avec ASO, l'organisateur du Tour, notamment. Il m'arrive alors d'être parfois à l'étranger, mais le reste du temps je suis tous les jours au magasin ", explique le coureur qui est au four et au moulin. " Je laisse en général la mécanique aux deux employés qui sont formés, même si je sais me débrouiller. Je m'occupe plutôt de la gestion et de l'accueil des clients. C'est d'ailleurs moi le meilleur vendeur ", sourit le nouveau gérant. " Forcément, je m'y connais plutôt bien pour les conseiller mais je sais aussi que la notoriété joue ", reconnaît-il. Les premières montures sont disponibles à 350 euros mais les prix peuvent grimper jusqu'à 13.000 euros pour la bécane la plus chère. Pour les clients les plus exigeants, le coureur a même développé une salle de tests, permettant de trouver les réglages les plus adéquats. " La séance peut durer trois heures. Elle permet ensuite de tout choisir idéalement : des chaussures au cadre du vélo ", explique encore le passionné.Pour s'offrir son entreprise, Andy Schleck a investi 1,5 million d'euros pour remettre en état une vieille grange située à Iznig, une petite ville à quelques kilomètres de Luxembourg. " Il faut encore y ajouter tout le stock. On compte 300 vélos environ ", ajoute l'ex-coureur. Un sacré défi pour le sportif qui n'a pas de formation dans le domaine et qui était assisté pour la moindre tâche durant toute sa carrière. " Tout était organisé pour moi. Je n'avais jamais payé une facture, par exemple. Même les choses les plus simples étaient prises en charge. Je ne savais même plus comment indiquer une adresse sur une lettre ", reconnaît sans détour le cycliste. Pour se former, il a donc intégré la société de sanitaires de son beau-père durant un an. Il y a appris l'essentiel de la gestion d'une entreprise. " Aujourd'hui je m'en sors seul. Même si, en cas de questions, je sais que je peux compter sur lui ", explique encore Andy Schleck. L'ancien coureur n'a pas vraiment été épargné pour ses débuts d'homme d'affaires. En août dernier, soit six mois après l'ouverture de son magasin, un incendie s'est produit dans l'atelier. Si les flammes ont été rapidement contrôlées, les fumées noires ont endommagé plus de 50 % du stock. Mais pas de quoi refroidir le coureur qui espère atteindre la rentabilité d'ici trois ou quatre ans.Passer de pro du guidon à chef d'entreprise n'est pas une mince affaire. " C'est sûr que j'aurais pu facilement me replacer quelque part. Mais j'avais besoin de prouver que j'avais de la valeur, et pas seulement comme coureur ", explique Andy Schleck. Ce dernier a encore plusieurs projets. Dont notamment une collaboration avec le plus important concessionnaire du Luxembourg afin de proposer un package leasing combinant une voiture et un vélo. L'ex-coureur pense également au développement d'une marque de textiles pour cyclistes. " Ma vie est plus chargée que quand j'étais coureur. C'est aussi beaucoup de stress car on veut rester au top. Mais il serait difficile pour moi de dire quelle vie me plaît le plus ". Avoir un passé de cycliste pro est évidemment utile pour gérer son affaire. " J'ai été le capitaine de mon équipe. Cela correspond à des dizaines de personnes et à leurs familles qui comptent sur toi. Je connais donc le poids des responsabilités ", explique l'ancien coureur. " Le fait d'être reconnu a aussi forcément des avantages pour les clients. Mais si l'on fait mal notre travail, cela se remarque beaucoup plus ". Par Arnaud Martin.