Jimmy Wales lance une nouvelle initiative dans le monde des médias, baptisée WikiTribune. Inquiet des dérives du président Trump et de son équipe, qui se montrent très créatifs dans leur communication, usant notamment des " faits alternatifs " lorsque les faits tout court ne leur conviennent pas, le fondateur de Wikipédia a décidé de passer à l'offensive.
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Jimmy Wales lance une nouvelle initiative dans le monde des médias, baptisée WikiTribune. Inquiet des dérives du président Trump et de son équipe, qui se montrent très créatifs dans leur communication, usant notamment des " faits alternatifs " lorsque les faits tout court ne leur conviennent pas, le fondateur de Wikipédia a décidé de passer à l'offensive. Financée par une opération (toujours en cours) de crowdfunding, WikiTribune sera composée d'une équipe d'une dizaine de journalistes chargés de faire du fact checking (vérification de faits). La plateforme utilisera également les recettes qui ont fait le succès de l'encyclopédie collaborative Wikipédia : les internautes seront invités à contribuer au contenu de ce nouveau média, soit en publiant des articles, soit en corrigeant des articles existants. C'est en effet grâce à une communauté internationale d'animateurs et de contributeurs bénévoles que Wikipédia est devenu l'un des sites les plus consultés au monde. L'encyclopédie collaborative compte quelque 80.000 contributeurs actifs par mois. Chaque minute, environ 350 modifications sont apportées aux pages Wikipédia. Parfois raillée pour son manque de rigueur, Wikipédia dispose-t-elle des outils nécessaires pour lutter contre les fausses informations ? S'il reste imparfait, le site a fortement gagné en qualité, grâce à une série de méthodes de contrôle mises en place par ses gestionnaires. Des systèmes d'alertes ont été créés en cas de modification intempestive de certaines pages. Des robots ont aussi été activés afin de repérer et corriger automatiquement certains changements clairement inexacts (des dates de naissance par exemple). Enfin, certains administrateurs de la plateforme peuvent bloquer des pages ou des profils de contributeurs mal intentionnés. Reste à voir si ces mécanismes seront adaptés à un domaine aussi mouvant et complexe que l'actualité, qui nécessite une bonne dose de réactivité. Gilles Quoistiaux