C'est un résultat inattendu des élections. Deux partis qui n'ont jamais ménagé leurs critiques envers la VRT y détiendront à partir de 2020 la moitié des sièges au conseil administration. Off the record, l'un et l'autre ne boudent pas leur plaisir. Au sein de la N-VA circulent déjà des blagues sur la " nouvelle orientation " de la VRT. Au Vlaams Belang, on se montre plus réjoui encore. " Nous aurons ainsi l'occasion de critiquer de l'intérieur le parti pris de certaines émissions ", annonce déjà le Limbourgeois Chris Janssen. Cinq ans après en avoir été évincé, le Vlaams Belang retrouve en effet deux sièges au conseil d'administration, ajoutés aux quatre que conserve la N-VA.

Il en résulte quelque inquiétude au sein de l'institution. Personne, en effet, n'y a oublié la réponse dénuée de toute ambiguïté de Theo Francken à la question pourtant normale de savoir si la N-VA n'était pas, quelque part, responsable du succès du Vlaams Belang. " C'est une critique de journaliste de gauche comme il y en a beaucoup à la VRT ", avait rétorqué l'ancien ministre. " Il ne faut pas surestimer notre pouvoir ", relativise le CD&V Luc Van den Brande, président du conseil d'administration depuis 2010. Il n'en demeure pas moins que c'est le conseil d'administration qui définit la ligne stratégique de l'émetteur et que la VRT devra renégocier avec le gouvernement flamand un nouveau contrat de gestion portant sur la période 2021-2025 alors que, selon son président actuel, la limite des économies possibles est déjà atteinte.

S'y ajoutera, sans aucun doute, la question d'une éventuelle privatisation. Le Vlaams Belang l'estime en effet nécessaire, au motif que la VRT " multiplie le show des bonnes nouvelles culturelles " et " manipule la réalité ".