Contre toute attente, la période des élections parlementaires hongroises d'avril 2022 s'annonce passionnante. Si au début de l'année 2021, il semblait presque impossible que Viktor Orban, le Premier ministre, perde sa majorité qualifiée des deux tiers au Parlement, la donne a changé au cours de l'année. Six partis d'opposition différents ont réussi à s'unir pour choisir un candidat unique afin de combattre Viktor Orban. Ils ont également sélectionné des candidats communs pour la moitié des sièges du Parlement hongrois qui sont élus au s...

Contre toute attente, la période des élections parlementaires hongroises d'avril 2022 s'annonce passionnante. Si au début de l'année 2021, il semblait presque impossible que Viktor Orban, le Premier ministre, perde sa majorité qualifiée des deux tiers au Parlement, la donne a changé au cours de l'année. Six partis d'opposition différents ont réussi à s'unir pour choisir un candidat unique afin de combattre Viktor Orban. Ils ont également sélectionné des candidats communs pour la moitié des sièges du Parlement hongrois qui sont élus au suffrage direct. Pour la première fois depuis son retour au pouvoir en 2010, Viktor Orban est confronté à la perspective très réelle d'une défaite. L'idée d'évincer le leader hongrois s'est avérée puissamment fédératrice pour les partis de gauche, les libéraux comme Momentum, mais aussi Jobbik, un parti naguère de droite dure, devenu plus modéré. Le second tour de la primaire de la mi-octobre pour choisir le candidat de la coalition a opposé Klara Dobrev, vice- présidente du Parlement européen, Gergely Karacsony, maire de Budapest, et Peter Marki-Zay, maire de Hodmezovasarhely, une ville du sud-est du pays. Karacsony s'est retiré en faveur de Marki-Zay pour empêcher Dobrev, qui a remporté le premier tour, de remporter le second. Comme bien d'autres, il pense que Klara Dobrev ne peut pas battre Viktor Orban, car elle est mariée à Ferenc Gyurcsany, un ancien Premier ministre très impopulaire, dont le mandat reste entaché par les émeutes de 2006, suite à ses aveux de mensonges répétés sur l'état de l'économie. Le calcul désintéressé de Karacsony a fonctionné: Peter Marki-Zay, un conservateur indépendant d'une petite ville, a battu Klara Dobrev au second tour. Cependant, ce catholique de 49 ans, père de sept enfants, peut-il battre Viktor Orban?Le Premier ministre sortant déploiera tout son arsenal pour battre son adversaire. A l'automne 2021, il a annoncé que les familles seraient remboursées à hauteur de 1,8 milliard d'euros d'impôt sur le revenu au début de 2022. Il a également promis une augmentation du salaire minimum, une prime spéciale pour les retraités en novembre et deux semaines supplémentaires de paiement des pensions de l'Etat en janvier. Il essaiera d'attaquer Marki-Zay sur sa personne. Tous savent que l'obtention du poste de Premier ministre n'est que la première étape pour changer la structure de pouvoir bâtie par Orban pendant plus de 10 ans. Les six partis d'opposition pourraient ne pas rester unis s'ils gagnaient. Ce qui semblait inimaginable il y a un an est toutefois devenu un scénario réaliste - un signe de progrès encourageant pour ceux qui souhaitent empêcher la Hongrie de glisser davantage vers l'autoritarisme.