Voilà une nouvelle adresse qui comble enfin un grand manque à Bruxelles. Si Londres (avec Palomar), Paris (Balagan ou Miznon) ou New York (Nur) ont depuis longtemps cédé aux charmes de la cuisine rock'n'roll de Tel-Aviv, Bruxelles devait se contenter de petits snacks à houmous plus ou moins réussis. A part le très chouette Kitchen 151, difficile en effet de trouver dans la capitale une table moyen-orientale dans l'air du temps.
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Voilà une nouvelle adresse qui comble enfin un grand manque à Bruxelles. Si Londres (avec Palomar), Paris (Balagan ou Miznon) ou New York (Nur) ont depuis longtemps cédé aux charmes de la cuisine rock'n'roll de Tel-Aviv, Bruxelles devait se contenter de petits snacks à houmous plus ou moins réussis. A part le très chouette Kitchen 151, difficile en effet de trouver dans la capitale une table moyen-orientale dans l'air du temps. Mais, depuis la mi-janvier, on peut désormais s'attabler au Conteur, le restaurant de l'Hôtel Saint-Nicolas, entièrement rénové, en plein coeur de Bruxelles. Et preuve que cela manquait, l'endroit joue déjà à guichets fermés certains soirs. Dès que l'on pénètre dans les lieux, on est accueilli par un bar qui en jette, d'où sortent des cocktails bien faits ; comme cet Arack Ice Tea (12 euros), mêlant arak israélien, thé froid infusé à la cannelle et à l'anis et jus de citron. Une composition équilibrée et rafraîchissante. Sur la droite, une grande salle à l'atmosphère vivante, avec musique à fond les ballons et lumières tamisées. Tandis qu'au fond, un grand bar en marbre entoure la cuisine, où s'affairent le chef Roi Zini et son frère Roni, tout juste débarqués de Tel-Aviv pour importer à Bruxelles ces petits plats à partager, aux bases traditionnelles mais revisités, qui font fureur un peu partout dans le monde. Ainsi, à la place du classique houmous de pois chiches (pourtant excellent, avec un très bon tahiné), on peut opter pour un intéressant houmous de céleri-rave (3 euros). A déguster avec une challah (pain brioché) maison (4,50 euros), à tremper également dans un délicieux baba ghanoush (3 euros ) ou dans de l' ikra de Saint-Jacques (4,50 euros), une sorte de tarama au corail. Passé ces grignotages, on découvre quelques jolies assiettes. Comme une belle salade de chou-navet (7 euros) aux assaisonnements tranchés : shrug à la coriandre, sumac, crème aigre... Ou un excellent chou blanc grillé (12 euros). Cuit trois heures, celui-ci est fondant, relevé d'une sauce au tahiné et à la feta. Dommage que les plats suivants soient vraiment trop salés, car les idées sont bonnes : poulpe grillé à la crème d'aubergine noire et harissa (18,50 euros) ou côtes d'agneau et pommes de terre grillées, labneh maison (19,50 euros). Certes, il reste pas mal de choses à affiner, comme proposer une carte de bières et de vins digne de ce nom. Mais l'on se réjouit déjà de pouvoir y retourner et de partager avec des amis ces saveurs moyen-orientales qui changent de l'ordinaire.