C'était une réouverture que les numismates attendaient probablement avec impatience. Après un peu plus de six mois de fermeture, pour cause de déménagement, le nouveau musée de la Banque nationale a enfin rouvert ses portes, le 15 janvier dernier. Le musée n'aura pas dû chercher très loin pour se trouver un nouvel écrin. Il occupe désormais l'ancien siège de la banque de l'Union du Crédit de Bruxelles, un bâtiment dont la BNB était déjà propriétaire depuis les années 1980.
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C'était une réouverture que les numismates attendaient probablement avec impatience. Après un peu plus de six mois de fermeture, pour cause de déménagement, le nouveau musée de la Banque nationale a enfin rouvert ses portes, le 15 janvier dernier. Le musée n'aura pas dû chercher très loin pour se trouver un nouvel écrin. Il occupe désormais l'ancien siège de la banque de l'Union du Crédit de Bruxelles, un bâtiment dont la BNB était déjà propriétaire depuis les années 1980. Tout juste rénovée, la magnifique bâtisse du 19e siècle est coiffée d'une impressionnante coupole en verre. " C'est une attraction à part entière de la visite ", sourit d'ailleurs Jan Smets, le gouverneur de la BNB, en inaugurant la réouverture. " Certains musées, notamment ceux spécialisés en numismatique, ont des collections plus importantes que les nôtres. Mais nous comptons cependant quelque 60.000 objets, dont 25.000 billets de banque et 8.500 pièces de monnaie ", précise Geert Sciot, le porte-parole de la Banque nationale. Autant d'objets qui permettent au public d'en savoir plus sur l'histoire de la monnaie, des premières pièces de l'empereur Crésus, jusqu'à nos euros, en passant par les billets rapportés par Marco Polo de son voyage en Chine. Le musée compte également plusieurs pièces rares, comme le tout premier billet émis sur le Vieux Continent par la Banque de Stockholm au 17e siècle ou encore un accusé de réception de l'achat d'actions belges par un certain Victor Hugo. Forcément présentée en long et en large, l'histoire de l'argent n'est néanmoins pas la seule thématique abordée. Une partie importante de l'exposition est également dédiée aux rôles que remplit aujourd'hui la BNB. L'occasion d'en savoir plus sur une institution dont les missions ont évolué avec l'apparition de la monnaie unique et qui fut largement mise à contribution au cours des dernières années. " Depuis la crise financière, la surveillance des banques est la première mission qui saute aux yeux. Mais la Banque nationale a aussi été chargée de nombreuses nouvelles tâches ces dernières années. Celles-ci sont souvent moins connues ", ajoute encore le porte-parole de l'institution. Afin de remplir au mieux sa mission éducative, le musée a profité de son déménagement pour repenser sa présentation. Les objets historiques et autres pièces rares conservent évidemment une place de choix dans le parcours mais la présentation se veut résolument plus moderne. " Aujourd'hui, lorsque le visiteur entre dans un musée, il ne s'attend plus à ne voir seulement que des vitrines, légendes et textes explicatifs. Il veut aussi être acteur de sa visite ", explique encore Geert Sciot. Une modernisation de la communication qui passe par l'installation d'écrans géants et d'outils didactiques. Une série d'applications et de mini-jeux ont ainsi été mis en place, invitant le visiteur à se muer, quelques instants, en caissier de l'Etat ou en banquier. " Il est même possible de prendre le rôle de gouverneur d'une banque centrale, en modifiant le taux d'intérêt suivant la situation économique, afin de maintenir l'inflation proche de 2% ", explique le gouverneur de la BNB qui, forcément, a testé la fonction lors de la visite inaugurale. Cette nouvelle présentation devrait plaire aux jeunes. Un élément essentiel, puisqu'il s'agit du public cible du musée. Depuis sa création, il a d'ailleurs toujours eu le souhait de se porter en priorité sur le monde scolaire, visant d'abord les écoles secondaires, avant d'étendre son champ d'action à l'enseignement primaire et au supérieur. Un objectif qui forcément n'est pas un choix anodin pour la Banque nationale. " On sera toujours confronté dans sa vie, d'une manière ou d'une autre, à l'utilisation de l'argent. L'éducation financière est donc un sujet très important dans notre société. Pourtant, nous avons pu constater, qu'elle n'était pas toujours optimale. Le musée est donc un canal utile pour y remédier ", explique Jan Smets. Chaque année, la BNB organise également un séminaire destiné aux professeurs d'économie et accompagne les écoles participant à un grand concours organisé par la Banque centrale européenne. Entièrement gratuit, le Musée ouvre uniquement ses portes du lundi au vendredi de 9 h à 17 h. Il reste néanmoins accessible à tout le monde et sera ouvert occasionnellement le week-end, lors d'évènements. Malgré cet horaire peu ordinaire, la Banque nationale espère attirer un public toujours plus important. " L'ancien musée attirait jusqu'à 35.000 visiteurs par an. Avec le nouveau, nous espérons toucher un public plus large, aussi bien belge qu'étranger, étant donné que les informations sont dispensées dans quatre langues. Nous souhaitons vraiment qu'il acquière sa place sur la liste des musées bruxellois attractifs. A l'avenir, en développant davantage nos champs d'action, nous aimerions clairement dépasser ce score ", ajoute encore le porte-parole. Les salles d'exposition ont d'ailleurs été pensées afin de toucher des publics aux attentes différentes. Trois circuits distincts sont ainsi prévus, chaque fois sur une thématique précise. On constatera néanmoins l'absence d'un espace dédié à l'utilisation des monnaies virtuelles qui font tant parler d'elles ces derniers mois. Une prochaine idée d'aménagement ? " Ce n'est pas prévu. Le bitcoin ne peut pas vraiment être considéré comme une monnaie comme les autres puisqu'il ne s'agit pas d'une créance envers une banque mais plutôt d'un actif ", sourit le gouverneur.