Les résultats supérieurs aux attentes de l'entreprise technologique américaine ont été éclipsés par l'escalade du conflit l'opposant à Apple. La division Semi-conducteurs de Qualcomm conçoit et produit des puces pour la communication mobile et est leader mondial dans ce segment. Sa division Licences comprend les propriétés intellectuelles du groupe. Qualcomm détient des brevets sur plusieurs technologies de semi-conducteurs et de communication utilisées dans les appareils mobiles. Les producteurs de ces appareils doivent dès lors lui payer des indemnités (royalties ou droits de licence). Une niche très lucrative aux marges élevées. Plusieurs clients estiment cependan...

Les résultats supérieurs aux attentes de l'entreprise technologique américaine ont été éclipsés par l'escalade du conflit l'opposant à Apple. La division Semi-conducteurs de Qualcomm conçoit et produit des puces pour la communication mobile et est leader mondial dans ce segment. Sa division Licences comprend les propriétés intellectuelles du groupe. Qualcomm détient des brevets sur plusieurs technologies de semi-conducteurs et de communication utilisées dans les appareils mobiles. Les producteurs de ces appareils doivent dès lors lui payer des indemnités (royalties ou droits de licence). Une niche très lucrative aux marges élevées. Plusieurs clients estiment cependant que Qualcomm facture trop cher l'utilisation de ses droits de propriété intellectuelle et ont combattu les tarifs devant les tribunaux, non sans succès. BlackBerry s'est ainsi vu attribuer près de 815 millions de dollars. En raison des prix de vente élevés des iPhone, les indemnités que doit payer Apple sont également très élevées. Faute d'avoir trouvé un terrain d'entente avec Qualcomm, Apple souhaite à présent qu'un tribunal fixe un tarif équitable et veut entre-temps suspendre les paiements. Il est donc probable que Qualcomm doive se passer de royalties pendant la procédure juridique. Quoi qu'il en soit, Qualcomm devra faire des concessions sur ses revenus de licences à l'avenir. L'intensification de la concurrence dans le domaine des semi-conducteurs constitue en outre un défi pour Qualcomm. MediaTek et Intel proposent déjà des semi-conducteurs aux fonctionnalités similaires aux siens, mais moins chers. Au deuxième trimestre de l'exercice 2016-2017, Qualcomm a profité du lancement réussi du Samsung S8, qui a entraîné une augmentation de 5 % des revenus de licences, à 2,25 milliards de dollars. Le chiffre d'affaires (CA) de la division Semi-conducteurs a progressé de 10 %, à 3,68 milliards de dollars. Le CA du groupe a gagné 8 %, à 6 milliards de dollars, et le bénéfice net a bondi de 28 %, à 1,34 dollar par action. La dégradation de ses relations avec Apple a incité Qualcomm à revoir à la baisse ses prévisions de CA et de bénéfices quelques jours à peine après la publication de ses résultats trimestriels. Pour le trimestre en cours, l'entreprise table désormais sur un CA de 4,8 à 5,6 milliards de dollars, contre 5,3 à 6,1 milliards de dollars précédemment. L'augmentation de la part des revenus des semi-conducteurs dans le CA pèse également sur la marge bénéficiaire. Avec NXP Semiconductor, dont la reprise sera bouclée cette année, Qualcomm entend réduire sa dépendance aux semi-conducteurs pour appareils mobiles. Sa position nette de trésorerie s'élève à 19 milliards de dollars. À 13 fois le bénéfice attendu à peine et avec un ratio valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (EBITDA) d'un peu plus de 8, Qualcomm n'avait plus affiché une valorisation aussi basse depuis 2010. Elle est également nettement inférieure à la moyenne boursière. Grâce à sa solide position sur le marché des semi-conducteurs et de la communication mobile, et à la récente diversification de ses activités, Qualcomm reste une entreprise de croissance. Digne d'achat pour ceux qui peuvent s'accommoder d'un peu de volatilité. Conseil : digne d'achat Risque : moyen Rating : 1B Paru sur initiedelabourse.be le 31 mai Qualcomm veut réduire sa dépendance aux appareils mobiles.