Rue des Poissonniers, numéro 13, à Bruxelles. De vieux guichets en marbre accueillent le visiteur. Au sous-sol, une énorme porte blindée s'ouvre sur une très belle salle des coffres. Les lieux sont ceux d'une ancienne banque, aujourd'hui transformés en un espace de coworking. C'est ici, au deuxième étage de ce charmant immeuble de style art déco situé à deux pas de la Bourse, que se niche la start-up Upy, une banque digitale et mobile pour ados. "La première néobanque 100% belge créée par des jeunes pour des jeunes", plante Morgan Wirtz, 22 ans (! ) et ex-vice-champion du monde de voile, qui s'est fixé comme objectif de capter 7.000 clients d'ici la fin de l'année avant une expansion à l'étranger dès 2022.
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Rue des Poissonniers, numéro 13, à Bruxelles. De vieux guichets en marbre accueillent le visiteur. Au sous-sol, une énorme porte blindée s'ouvre sur une très belle salle des coffres. Les lieux sont ceux d'une ancienne banque, aujourd'hui transformés en un espace de coworking. C'est ici, au deuxième étage de ce charmant immeuble de style art déco situé à deux pas de la Bourse, que se niche la start-up Upy, une banque digitale et mobile pour ados. "La première néobanque 100% belge créée par des jeunes pour des jeunes", plante Morgan Wirtz, 22 ans (! ) et ex-vice-champion du monde de voile, qui s'est fixé comme objectif de capter 7.000 clients d'ici la fin de l'année avant une expansion à l'étranger dès 2022. Active depuis quelques jours (www.join-upy.com), la jeune pousse arrive sur un marché déjà encombré. En plus des offres d'acteurs internationaux ultra-connus tels que Revolut et N26, il faut compter chez nous avec Aion et bientôt aussi avec Banx, la néobanque que Belfius développe pour Proximus et qui sera lancée à la fin de l'été. Mais face à cette concurrence, Upy (avec Up pour la symbolique de l'élévation, de l' empowerment) espère notamment se différencier en misant sur l'éducation financière. "Il y a un manque patent d'éducation financière des parents à l'égard de leurs enfants, explique Morgan Wirtz. C'est un segment qui a été été oublié par les banques traditionnelles mais aussi par la première vague des néobanques qui sont restées très généralistes et qui fonctionnent pour la plupart sur un modèle dont les services sont gratuits. Mais une nouvelle vague de néobanques plus spécialisées et payantes est en train d'apparaître, notamment aux Etats-Unis." Un succès qui donne des ailes. En effet, ajoute Morgan Wirtz, "il y a clairement un trou dans le marché en Belgique et de la place pour une une plateforme digitale qui permet aux jeunes de jongler concrètement avec les outils bancaires et de faire leurs premiers pas dans leur gestion financière que ce soit en termes de dépenses, d'épargne ou d'investissement." Le projet, 100% belge, est créé en partenariat avec Mastercard, avec l'appui technique de la grande banque française Société Générale. Comptant pour le moment une dizaine de collaborateurs full-time, Upy a en effet obtenu son agrément bancaire en France, auprès de l'ACPR, l'autorité de contrôle hexagonale. Attention, les comptes proposés par Upy sont donc des comptes français (avec un IBAN français). Oui, mais "les régulateurs français sont très tech friendly, ce qui devrait nous permettre de rapidement proposer des comptes belges et de scaler dans d'autres pays européens, à commencer par l'Allemagne dès l'année prochaine", avance Morgan Wirtz. Côté produit, la jeune pousse belge s'inspire de modèles tels que celui de Greenlight aux Etats-Unis ou de Kard et Pixpay en France. Son offre s'articule autour de quelques services bancaires de base avec un compte de paiement et une carte de débit (Mastercard) ainsi que deux applis mobiles (une pour les enfants, l'autre pour les parents). Un seul forfait est disponible, à 2,99 euros par mois et par enfant. "Nous avons opté pour un service payant mais il n'y a pas de coûts cachés, aucun frais de transaction, aucun frais pour la carte, tout est transparent, assure Morgan Wirtz. Nous sommes les premiers en Belgique à proposer ce modèle qui cartonne à l'étranger. Un modèle qui a fait ses preuves aux Etats-Unis mais aussi au Royaume-Uni et en France." Simplifiée et jouant la carte de la gamification, l'offre s'articule également autour de toute une série de fonctionnalités pour apprendre aux ados à gagner en autonomie en matière de gestion d'argent et apprendre à investir. "L'investissement est un des piliers de l'éducation financière, ajoute Morgan Wirtz. Avec l'appli, l'adolescent peut suivre ses transactions en temps réel, il peut voir quand il reçoit de papa et maman son mini-salaire, il peut recevoir des alertes personnalisées, il peut se fixer des objectifs d'épargne, etc. Avec la carte, il peut payer partout dans les magasins et acheter en ligne. Mais toujours sous la tutelle des parents. La carte sera acceptée uniquement en fonction des options cochées par les parents, et il ne pourra bien sûr pas dépenser l'argent qu'il n'a pas sur le compte. L'idée est de lui faire comprendre qu'il ne faut pas oublier d'épargner. Beaucoup de parents encouragent d'ailleurs leurs enfants à épargner en leur donnant de temps en temps un peu plus d'argent de poche en guise de récompense. L'idée est vraiment de pousser les ados à faire ce genre de compromis." Bien armé sur le terrain du produit, Upy peut en outre compter sur le soutien de plusieurs professionnels expérimentés issus du monde de la finance et du marketing. Ainsi, le lancement de Upy sera accompagné au mois de mai d'une campagne de communication orchestrée par l'agence Air, une des meilleures du marché. "Elle est également partenaire du projet, précise Morgan Wirtz. C'est elle qui est à la base de la réflexion sur la marque, ses valeurs et son positionnement visant à dynamiser les codes bancaires de la génération Z." Côté financement, la start-up a démarré grâce au soutien d'une poignée de business angels ayant apporté 250.000 euros. Mais un deuxième tour de table qui se monte à un million et demi d'euros est en passe d'être bouclé auprès d'une série d'investisseurs privés et public belges. Parmi ceux-ci figurent notamment un ancien banquier, un ex-consultant du Boston Consulting Group ainsi qu'un invest wallon très actif dans l'univers de la tech. Si la crise sanitaire et ses confinements successifs ont rendu un peu plus compliquées les rencontres en face-à-face avec les investisseurs, ils n'ont toutefois pas ralenti le développement de la start-up début de l'année dernière, juste avant l'éclatement de l'épidémie. Malgré cette année de crise, "nous avons réussi à nous entourer des bonnes personnes. Tout s'est fait en mode digital. Et au final, cette année de crise nous a permis de nous concentrer sur le projet et n'a absolument pas retardé son lancement", conclut le jeune CEO, au prénom rappelant une grande banque américaine.