C'est le grand paradoxe de cette crise sanitaire : en demande constante d'informations, les Belges ont fortement augmenté leur consommation de médias depuis l'avènement du Covid-19, mais les annonceurs, figés par le confinement, ont pourtant freiné leurs investissements dans ces mêmes médias. Aujourd'hui, les quotidiens, maga...

C'est le grand paradoxe de cette crise sanitaire : en demande constante d'informations, les Belges ont fortement augmenté leur consommation de médias depuis l'avènement du Covid-19, mais les annonceurs, figés par le confinement, ont pourtant freiné leurs investissements dans ces mêmes médias. Aujourd'hui, les quotidiens, magazines et chaînes de télévision souffrent d'un manque criant de revenus publicitaires, ce qui a forcé plusieurs éditeurs à prendre des mesures sévères pour garantir leur survie. Alarmé par cette situation de crise, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles vient d'adopter un plan d'aide aux médias et aux journalistes qui se décline en quatre volets. Outre une vaste campagne de communication d'intérêt public achetée dans l'ensemble des médias écrits et audiovisuels d'une valeur de 1,4 million d'euros, les autorités ont prévu une enveloppe budgétaire de 3 millions pour indemniser le secteur en manque de recettes publicitaires. Toutefois, seules les entreprises dont la viabilité est menacée par cette perte de revenus ainsi que les médias dont le service relève de la compétence territoriale de la Fédération Wallonie-Bruxelles pourront prétendre à cette aide financière, ce qui exclut de facto la RTBF qui vit principalement de sa dotation publique et RTL Belgium qui opère sous statut luxembourgeois. Enfin, le gouvernement s'engage à soutenir davantage les journalistes indépendants en augmentant de 550.000 euros les moyens alloués au Fonds pour le journalisme et à favoriser aussi la transition du secteur médiatique vers un modèle économique moins dépendant à l'avenir de la publicité.