Longtemps, ce restaurant de l'entité d'Erquelinnes, situé le long de la route qui mène de Mons à Beaumont, fut affublé d'un Bib Gourmand. Mais Christophe et Catherine Lambert ont accédé, au début d'année, au cercle couru des étoilés Michelin, quasi 20 ans après avoir écrit leurs premières lettres gourmandes. De quoi titiller notre curiosité. En ce mercredi midi très pluvieux du mois de juin, la salle à manger, où volent une solide escadrille de faux avions de papier et où trône une étrange table à baldaquin, est pleine.
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Longtemps, ce restaurant de l'entité d'Erquelinnes, situé le long de la route qui mène de Mons à Beaumont, fut affublé d'un Bib Gourmand. Mais Christophe et Catherine Lambert ont accédé, au début d'année, au cercle couru des étoilés Michelin, quasi 20 ans après avoir écrit leurs premières lettres gourmandes. De quoi titiller notre curiosité. En ce mercredi midi très pluvieux du mois de juin, la salle à manger, où volent une solide escadrille de faux avions de papier et où trône une étrange table à baldaquin, est pleine. Christophe Lambert propose à ses clients de composer eux-mêmes leurs menus au départ de quatre entrées, trois incontournables (aussi des entrées) de la saison, cinq plats et quatre desserts. Sans oublier le chariot de fromages (9 euros de supplément). Les prix sont plus que raisonnables pour un étoilé Michelin: 39 euros donc pour entrée-plat-dessert, 49 pour incontournable-plat-dessert et 60 euros pour les quatre services. Cette flexibilité est un véritable atout dont il faut profiter avec justesse: nous sommes dans le Hainaut et les portions sont très, voire trop, généreuses. Franchement, une entrée ou un incontournable suffit. La générosité se trouve aussi dans les produits proposés pour le prix: foie gras, homard, bar sauvage, ris de veau, turbot, etc. Le rapport qualité-prix des Lettres Gourmandes est imparable mais, comme lors de notre visite au Stoveke il y a quelques semaines, l'étoile Michelin ne nous apparaît pas si évidente. Sauf, sans doute, aux amoureux d'une certaine cuisine classique, voire de brasserie haut de gamme. En plat, le turbot grillé et le ris de veau sont cuits à la perfection et leurs sauces, mousseline et moutarde, goûteuses. Mais le paillasson de pommes de terre qui accompagne le ris de veau n'est pas assez cuit et trop gras. En incontournable, la ratatouille qui accompagne le bar sauvage grillé est une tuerie mais on est resté stupéfait devant le faux tiramisu de homard où le crustacé trouve sa place à côté d'une purée et sous un oeuf sur le plat. En entrée, le veau entrelacé de foie gras, parsemé de perles de vinaigre et accompagné de chou-fleur et d'oignons est tout fondant mais l'ensemble manque d'harmonie et de légèreté. Belle créativité sur les desserts où tant le citron vert et l'abricot révèlent de jolies surprises cachées. Le service est trop lent mais on sent toute l'envie de bien faire sous les masques. En plus d'une carte étendue, une dizaine de vins au verre sont proposés à des prix raisonnables. Dont un épatant beaujolais blanc bio du Domaine de Chasselay.