C'est l'un des grands drames de la société de consommation : en Belgique, plus de 2,3 millions de GSM inutilisés traînent au fond des tiroirs, si l'on en croit Recupel, l'ASBL spécialisée dans la collecte et le traitement durable d'appareils électroniques usagés. Or, ces smartphones contiennent des métaux précieux comme l'or, l'argent, le cuivre et le palladium qui pourraient être facilement recyclés. Pour pallier ce problème écologique (et doper son business par la même occasion), le CEO d'Umicore Marc Grynberg préconisait ce week-end dans L'Echo la mise en place d'une consigne de 15 euros par smartphone, exactement comme on le fait pour un bac de bières au supermarché. Une mesure réaliste ? Chez Recupel, on ne croit pas à cette solution radicale et l'on préfère miser davantage sur la sensibilisation du grand public pour prendre le problème à bras-le-corps. " Je salue la beauté du geste d'Umicore, mais le système de consigne est très difficile à mettre en place, sans parler des coûts de lancement de l'opération et des futurs coûts d'exploitation ", tranche Ingrid Nolet, porte-parole de l'ASBL. Plutôt que de brandir cet incitant financier, Recupel préfère en effet jouer la carte de l'éducation des foules à la nécessité d'une économie réellement circulaire pour le bien des générations futures. " La consigne n'apportera aucune amélioration aux chiffres du recyclage, conclut-elle. C'est une fausse solution. "