Cela fait longtemps que les obligations publiques ne sont plus intéressantes pour les investisseurs privés en raison de taux (beaucoup) trop bas. Parfois, leur rendement est même négatif. Nous leur préférons les obligations d'entreprises. Mais celles-ci aussi incitent à la prudence. Les obligations existantes perdront en effet de la valeur en cas de hausse des taux d'intérêt. La constante est alors la suivante : plus l'échéance d'une obligation est longue, plus une modification des taux influera sur elle. Les obligations à court terme paraissent donc un choix évident, mais elles offrent un rendement plus faible. À moins d'opter pour des titres plus risqués.
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Cela fait longtemps que les obligations publiques ne sont plus intéressantes pour les investisseurs privés en raison de taux (beaucoup) trop bas. Parfois, leur rendement est même négatif. Nous leur préférons les obligations d'entreprises. Mais celles-ci aussi incitent à la prudence. Les obligations existantes perdront en effet de la valeur en cas de hausse des taux d'intérêt. La constante est alors la suivante : plus l'échéance d'une obligation est longue, plus une modification des taux influera sur elle. Les obligations à court terme paraissent donc un choix évident, mais elles offrent un rendement plus faible. À moins d'opter pour des titres plus risqués. En raison du raidissement de la politique de la Fed (la banque centrale américaine), les taux devraient légèrement augmenter à moyen terme en Europe et aux États-Unis. La hausse des salaires exercera à terme une pression inflationniste accrue. Nous savons que les cours des obligations sont sujets aux mouvements des taux. Si les taux augmentent, les cours baisseront. L'ampleur de la baisse dépend de la " duration ". Celle-ci mesure la sensibilité des obligations aux fluctuations des taux d'intérêt par rapport à l'échéance résiduelle. De manière générale, on considère qu'une hausse ou une baisse des taux de 1 % modifiera la valeur de l'obligation de 1 %, à multiplier par la duration. Concrètement, la valeur d'une obligation assortie d'une duration de six ans baissera de 100 à 94 euros si le taux augmente de 1 %. Actuellement, il faut garder à l'esprit que si vous achetez une obligation combinant un rendement réduit et une échéance assez longue aux taux bas actuels, votre pouvoir d'achat réel va diminuer pour peu que l'inflation dépasse le taux net de cette obligation. Pour ce qui concerne les devises, nous recommandons une surpondération en euro. Pour une raison évidente. Si vous investissez en monnaies étrangères, l'appréciation ou la dépréciation de l'euro vis-à-vis de la monnaie étrangère exercera souvent une influence plus grande sur le rendement final que l'écart de taux entre ces deux monnaies. De manière générale, nous conseillons de conserver 40 à 60 % d'obligations en euro ; 40 % pour les investisseurs conscients des risques, 50 % pour les profils de risque moyens, et 60 % pour les investisseurs qui présentent une plus grande aversion au risque. Le dollar américain a également sa place dans un portefeuille bien diversifié. Nous conseillons d'investir en obligations d'entreprises américaines entre un cinquième (20 %) et maximum un quart du portefeuille. La couronne norvégienne peut prendre à son compte un dixième du portefeuille. Ceux qui ont un patrimoine plus important peuvent également diversifier leurs placements en franc suisse et/ou en yen japonais. Les plus téméraires peuvent étendre leurs investissements à la couronne suédoise (5 %) et à la famille du dollar hors USD - les dollars canadien, australien et néo-zélandais - , ou encore à la livre britannique et la livre turque (5 %). En raison de la probabilité d'une hausse des taux, nous opterions pour une échéance courte à moyenne (2 à 5 ans) pour toutes les monnaies. La duration moyenne des obligations tournera autour de 3,5 ans. La livre turque fait exception à cette règle. Comme une baisse des taux est envisageable en Turquie, les obligations libellées en livre turque peuvent avoir plus de cinq ans d'échéance. Nous recommandons à ceux qui ne disposent pas d'un patrimoine suffisant pour diversifier correctement leurs investissements de préférer les fonds d'investissement. À peu près toutes les banques en proposent un large éventail. La plupart des obligations sont assorties d'une note (rating), une espèce de label de qualité, à leur émission. La note la plus élevée est AAA. Elle est octroyée aux débiteurs d'une très grande fiabilité. Cela leur permet d'offrir un rendement inférieur à ceux des émetteurs de moindre qualité. Mais il ne faut pas oublier que cette note peut évoluer au fil des ans. Contrôlez dès lors régulièrement la note de vos obligations. Les taux tendent à se redresser en Europe, nous l'avons dit. Mais en l'absence de forte hausse, les épargnants pourraient être doublement sanctionnés. Un affaiblissement de l'euro réduira leur pouvoir d'achat à l'étranger. De plus, la plupart des placements à revenus fixes n'offrent pas un rendement suffisant pour compenser le recul du pouvoir d'achat (inflation). En conséquence, les investisseurs doivent diversifier plus largement leur patrimoine que les années précédentes. L'objectif de base de l'investissement est de préserver le pouvoir d'achat, et si possible d'obtenir une rémunération sous la forme d'intérêts et/ou de plus-value. De manière globale, les Belges sont plutôt conservateurs. Mais à vouloir être trop prudents, certains investisseurs courent le risque de ne pas être suffisamment diversifiés. C'est pourquoi nous vous suggérons également d'investir dans les obligations à haut rendement. Les obligations à haut rendement en USD sont émises par des débiteurs de moindre qualité, mais qui, précisément pour cette raison, proposent des rendements plus intéressants. Les meilleurs exemples sont Tesla, Staples et ClubCorp. Pensez en outre à la livre turque (TRY). Des débiteurs de qualité comme Rabobank et la Banque Européenne d'Investissement proposent encore des rendements supérieurs à 10 %. Ces deux débiteurs ont également émis des obligations en rand sud-africain (ZAR) qui rapportent actuellement 8,25 %. Le peso mexicain (MXN) est une autre possibilité (lire " L'obligation de la semaine ", ci-avant).