Le groupe minier sud-africain dirigé par le CEO Neil Froneman est issu de la scission de Gold Fields en 2013. Sibanye avait hérité des mines sud-africaines matures, dont il est parvenu, moyennant une restructuration, à réduire les coûts et à prolonger la durée de vie. Mais ce n'est pas tout. Il y a quelques années, Froneman a fait le choix stratégique de ne plus miser exclusivement sur l'or et d'étendre à terme ses activités en dehors de son pays d'origine. La première ambition a déjà pris forme concrètement. Le groupe a acheté plusieurs actifs dans le segment des métaux du groupe du platine dits MGP (platine, palladium et rhodium). L'acquisition d'Aquarius Platinum et d...

Le groupe minier sud-africain dirigé par le CEO Neil Froneman est issu de la scission de Gold Fields en 2013. Sibanye avait hérité des mines sud-africaines matures, dont il est parvenu, moyennant une restructuration, à réduire les coûts et à prolonger la durée de vie. Mais ce n'est pas tout. Il y a quelques années, Froneman a fait le choix stratégique de ne plus miser exclusivement sur l'or et d'étendre à terme ses activités en dehors de son pays d'origine. La première ambition a déjà pris forme concrètement. Le groupe a acheté plusieurs actifs dans le segment des métaux du groupe du platine dits MGP (platine, palladium et rhodium). L'acquisition d'Aquarius Platinum et de trois mines du groupe Amplats a été finalisée l'an dernier. Sibanye est ainsi devenu le cinquième producteur mondial de MGP. Le groupe a lancé une offre sur Stillwater Mining l'an dernier. Cela a étonné parce qu'il s'agit d'une entreprise américaine et que le prix proposé est supérieur à la valeur boursière de Sibanye. Stillwater Mining est le plus grand producteur de MGP en dehors de l'Afrique du Sud et de la Russie. Ses mines du Montana ont produit 545.000 onces troy de MGP en 2016. Outre l'or, Sibanye croit beaucoup dans le potentiel des MGP à plus long terme. Avec une production annuelle de 1,5 million d'onces, Sibanye reste également un acteur important dans l'industrie de l'or. Stillwater a enregistré des cash-flows opérationnels positifs de 70 millions de dollars l'an dernier, à la grande joie, finalement, des actionnaires comme des instances américaines compétentes. Sibanye déboursera 2,2 milliards de dollars pour Stillwater, financés par le biais d'un crédit-pont de 2,65 milliards de dollars. C'est la plus grande acquisition internationale d'une entreprise sud-africaine depuis 2001. Le crédit temporaire sera remplacé par une émission d'actions et d'une émission d'obligations. De nouvelles informations ont été divulguées récemment sur la première : elle s'élèvera à 1 milliard de dollars. C'est plus que prévu, et le cours de l'action en a fait les frais. Les actionnaires recevront 1,28 droit par action détenue. Chaque droit autorise le rachat d'une action Sibanye à 3,48 dollars, une nette décote par rapport au cours actuel. Pour ne pas obliger les actionnaires à participer à l'augmentation de capital, ces droits feront l'objet d'une cotation boursière distincte jusqu'au vendredi 9 juin. Vous pourrez donc les vendre, mais nous ne le conseillons pas. Cela entraînerait une dilution excessive de votre position par rapport au prix du droit (actuellement, 2,3 dollars). À court terme, l'évolution du cours de l'action Sibanye est dictée par l'augmentation de capital en cours. Les droits de souscription aux nouvelles actions s'échangent pour l'heure indépendamment de l'action ordinaire, ce qui donne une impression biaisée. Les projets d'expansion de Sibanye sont un pari raisonné. Le groupe se diversifie à la fois sur le plan géographique et dans les matières premières produites, une bonne chose à plus long terme. Sa position d'endettement élevée est le revers de la médaille, mais elle est compensée par une valorisation réduite. Digne d'achat pour les investisseurs conscients des risques. Conseil : digne d'achat Risque : élevé Rating : 1C Paru sur initiedelabourse.be le 1er juin Les droits de l'augmentation de capital font l'objet d'une cotation distincte jusqu'au 9 juin