Dire que la situation est tendue chez Air France est un doux euphémisme. Les relations sociales sont quasi inexistantes et les grèves du printemps ont coûté 335 millions d'euros. Cette situation complique les rapports avec KLM mais aussi avec des actionnaires comme Delta Airlines ou China Airlines.
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Dire que la situation est tendue chez Air France est un doux euphémisme. Les relations sociales sont quasi inexistantes et les grèves du printemps ont coûté 335 millions d'euros. Cette situation complique les rapports avec KLM mais aussi avec des actionnaires comme Delta Airlines ou China Airlines. Depuis le départ de Jean-Marc Janaillac il y a trois mois, les administrateurs du groupe ont planché sur une nouvelle gouvernance. Désormais, la présidence sera non exécutive. Anne-Marie Couderc devrait garder son poste à la fin de son intérim. A charge pour le directeur général de vraiment piloter les deux compagnies. Après des mois de rumeurs et de vraies fausses nominations, le conseil d'administration a décidé de sortir du schéma classique de l'énarque, haut commis de l'Etat, pas forcément au fait du monde l'aérien, pour choisir un vrai professionnel du secteur. Une option ardemment défendue par les syndicats. Seulement voilà, le choix de Benjamin Smith, n° 2 d'Air Canada, ne leur plaît pas. L'intersyndicale soutient " qu'il est inconcevable qu'Air France, française depuis 1933, tombe dans les mains d'un dirigeant étranger ". Le climat est donc loin d'être apaisé d'autant que sa rémunération est triplée par rapport à son prédécesseur. Une augmentation indispensable pour attirer une pointure, qui passe mal tant dans la classe politique française qu'auprès des syndicats. Il n'en demeure pas moins que " Ben " Smith, directeur opérationnel d'Air Canada en charge aussi des finances et du commercial, est un professionnel respecté. Il est considéré comme l'artisan de l'expansion réussie de la compagnie canadienne avec, notamment, la création d'un deuxième hub à Toronto, après Vancouver. Il a remis de l'ordre dans les finances du groupe qui dégage aujourd'hui une marge opérationnelle de 8,4 %, bien plus élevée qu'à Air France. C'est aussi un négociateur hors pair qui a obtenu une paix sociale de 10 ans avec les pilotes et le personnel navigant. Cela devrait lui servir.