Le 22 février dernier, pour la troisième fois, la Cour suprême du Royaume-Uni a infligé une défaite à Uber. Elle a rejeté un appel de la plateforme contre la décision du tribunal du travail qui requalifiait le statut des chauffeurs d'autoentrepreneurs à workers. Il s'agit d'un statut hybride à mi-chemin entre l'indépendant et le sal...

Le 22 février dernier, pour la troisième fois, la Cour suprême du Royaume-Uni a infligé une défaite à Uber. Elle a rejeté un appel de la plateforme contre la décision du tribunal du travail qui requalifiait le statut des chauffeurs d'autoentrepreneurs à workers. Il s'agit d'un statut hybride à mi-chemin entre l'indépendant et le salarié (le cocontractant n'est pas considéré comme le client, aucune obligation de recevoir ou de fournir une prestation, etc.). Il ouvre le droit au salaire minimum garanti, à des cotisations de retraite et aux congés payés. La semaine dernière, et même si tous les chauffeurs britanniques n'étaient pas partie prenante à la cause, Uber a décidé de donner ce statut à l'ensemble de ses conducteurs. Un changement total de paradigme pour la plateforme en Europe mais un statut qui fonctionne déjà en Californie depuis la fin de l'année dernière. Concrètement, au Royaume-Uni, en plus d'une assurance soins de santé, de congés maladie et de congés de maternité ou paternité déjà octroyés en 2018, les chauffeurs Uber toucheront désormais un salaire minimum horaire de 10,17 euros et des congés payés. Ils seront aussi enrôlés dans un plan de pension où ils pourront cotiser aux côtés d'Uber. Toutefois, les responsables du syndicat App Drivers & Couriers se sentent un peu floués car ce salaire minimum ne s'applique que sur les périodes où le chauffeur est en course et pas quand il attend ou est connecté sur l'appli. Comme avant aussi, le salaire définitif sera dépendant du nombre de courses. Avant la décision, les chauffeurs londoniens gagnaient en moyenne 20 euros par heure, soit le double du salaire minimum aujourd'hui proposé.